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Loir et Cher info

LE PLEIN D'ÉNERGIE VERTE

L’agriculture, productrice d’énergies renouvelables ! Présentation de deux projets innovants : l’un en activité dans le Vendômois, l’autre en devenir en Sologne. Sans oublier l’unité de méthanisation du ZooParc de Beauval.

C’est le projet d’un territoire rural associant plusieurs forces vives qui génère de l’énergie et de l’économie

Florent Leprêtre

Savigny-sur-Braye, 34 agri-culteurs éleveurs de 17 exploitations sont engagés dans la valorisation du biométhane. Depuis avril 2018, ils le transportent sous sa forme liquide jusqu’au point d’injection dans le réseau de distribution de gaz naturel. Une première française ! (Voir aussi Loir&Cher info n° 96). « Ce sont des projets complexes mais globalement, nous arrivons à la performance optimum recherchée », précise Delphine Descamps, présidente de la SAS Méthabraye au capital 100 % agriculture. Le volume injecté correspond au chauffage de 2 000 logements. Une progression de 30 % est à venir. « C’est une belle aventure humaine, à la source de trois emplois directs. » À Lamotte-Beuvron, un mixte ‒ composé de 14 agriculteurs de 10 exploitations, de la Fédération française d’équitation et de la commune ‒ poursuit un projet identique en cours de construction. Une unité appelée à « digérer » les 5 000 tonnes de fumier équin fourni par le parc équestre, les 400 tonnes de boues centrifugées de la ville, les 16 000 tonnes d’effluents agricoles et un gisement de déchets provenant de l’extérieur (déchets verts, restauration collective, agroalimentaire) traités sur le site par un hygiéneur. Soit un gisement total de 28 000 tonnes.

Énergie et économie
« C’est le projet d’un territoire rural associant plusieurs forces vives qui génère de l’énergie et de l’économie », explique Florent Leprêtre, président de Sologne agri-méthanisation, au capital constitué par les trois parties prenantes, à hauteur d’un tiers chacune. « Pour les agriculteurs, la démarche d’investissement sur un process industriel est nouvelle. La méthanisation ne peut se faire sans l’agriculture pour l’épandage du digestat1. C’est une valeur ajoutée pour les exploitations, une boucle vertueuse vis-à-vis du citoyen ! » Du côté de Saint-Aignan, l’unité de méthanisation intégrée au ZooParc de Beauval a traité, en 2018, 10 246 tonnes de matières premières fermentables et permis une réduction de 20 % de la facture totale de gaz. La quantité d’électricité revendue à EDF représente la consommation annuelle de 300 foyers. Le digestat obtenu est utilisé pour une partie par le ZooParc ; l’autre est res-tituée gratuitement aux agriculteurs apporteurs locaux.

1. Produit résidu de la méthanisation, composé de matières organiques, minérales et d’eau.

En savoir plus : methabraye.blogspot.comwww.ffe.com www.zoobeauval.com

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L’agriculture productrice d’énergies renouvelables, solaire, éolienne, issue de la biomasse, du bois énergie et, maintenant, de la méthanisation ! Un positionnement dont elle a tout intérêt à s’emparer largement et à tenir face à la concurrence des grands groupes pétroliers qui explorent déjà des pratiques plus vertueuses. En Loir-et-Cher, des agriculteurs de bonne volonté font preuve de pugnacité. Malgré des dossiers administratifs lourds à monter, des contraintes fortes, ces pionniers portent ainsi, depuis six ans, deux projets de méthanisation : l’un est en activité depuis avril 2018 et l’autre le sera en 2020.

 

Méthabraye, le bel exemple d’un collectif d’agriculteurs

À Savigny-sur-Braye, 34 agriculteurs éleveurs de 17 exploitations se sont engagés avec l’idée de valoriser du bio-méthane obtenu en le transportant sous sa forme liquide jusqu’au point d’injection dans le réseau de distribution de gaz naturel, situé à Naveil. Une première française ! Et donc, « la première unité (aussi) à essuyer les plâtres. Ce sont des projets qui restent complexes sur la « digestion » (pour un produit homogène), la commercialisation et le process industriel. Globalement, nous arrivons à obtenir la performance optimum recherchée », précise Delphine Descamps, présidente de la SAS Méthabraye au capital 100 % agriculture. La collecte des fumiers des exploitations se fait en flux tendu et le digestat va enrichir les parcelles agricoles « avec un effet engrais constaté ». Ces bio-apports se substituent aux intrants chimiques. Sur le volet gaz, le volume injecté correspond au chauffage de 2 000 logements. « Une progression de 30 % est à venir. Celle-ci se faisant 24 h/24, il reste à lisser la consommation (carburant pour les poids lourds, par exemple). » Une production d’énergie solaire est envisagée, ainsi que la valorisation du CO2 via le végétal. « C’est une aventure stressante, à rebondissements mais une belle aventure humaine, à la source de trois emplois directs. »
Sologne agri-méthanisation, du crottin de cheval, mais pas que !
À Lamotte-Beuvron, un mixte ‒ composé de 14 agriculteurs de 10 exploitations, de la Fédération française d’équitation (FFE) et de la commune ‒ poursuit un projet identique en cours de construction. Une unité appelée à « digérer » les 5 000 tonnes de fumier équin fourni par le parc équestre, les 400 tonnes de boues centrifugées de la ville de Lamotte-Beuvron, les 16 000 tonnes d’effluents agricoles et un gisement de déchets provenant de l’extérieur (déchets verts, restauration collective, agroalimentaire) traités sur le site par un hygiéneur. Soit un gisement total de 28 000 tonnes. « C’est le projet d’un territoire rural associant plusieurs forces vives qui génère de l’énergie et de l’économie », affirme Florent Leprêtre, président de Sologne agri-méthanisation au capital constitué par les trois parties prenantes (un tiers chacune). « Pour les agriculteurs, la démarche d’investissement sur un process industriel est nouvelle. La méthanisation ne peut se faire sans l’agriculture pour l’épandage du digestat. C’est une valeur ajoutée pour les exploitations, une boucle vertueuse vis-à-vis du citoyen ! » dit-il.
Chauffer les hommes et les animaux
Au printemps 2014, la première unité de méthanisation intégrée à un parc zoologique a été mise en service au ZooParc de Beauval, à Saint-Aignan. Productrice d’électricité et de chaleur, cette dernière fonctionne avec les déjections et le fumier des grands animaux comme les éléphants, les rhinocéros et les pandas, gros mangeurs et donc premiers fournisseurs de crottes ! Avec également les déchets verts issus de la tonte, la taille et les feuilles de végétation des 30 hectares du site, ainsi que par des agriculteurs locaux, éleveurs et la commune de Saint-Aignan. Sensibilisés au développement d’actions durables, des industriels de l’agroalimentaire s’associent au ZooParc dans cette démarche. Reitzel envoie ses déchets organiques (cornichons, condiments) et eaux vinaigrées, la biscuiterie Saint-Michel ses brisures de pâtes, ce qui permet d’atteindre l’équilibre entre matières solides et liquides. La recette d’une fermentation idéale !
En 2018, les 10 246 tonnes de matières premières fermentables traitées ont permis une réduction de 20 % de la facture totale de gaz nécessaire au chauffage de la serre des gorilles, du bassin des lamantins, ainsi que la maison des éléphants. La quantité d’électricité revendue à EDF (1,9 GWh d’électricité) loin d’être anodine, représente la consommation annuelle de 300 foyers, soit plus de 10 % de la population de la ville de Saint-Aignan ! Riche en nutriments, le digestat (compost) obtenu est utilisé pour une partie par le ZooParc pour ses aménagements végétalisés ; l’autre partie est restituée gratuitement aux agriculteurs apporteurs locaux. Un troc intelligent profitable aussi bien aux hommes qu’à la planète !

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