LE MAGAZINE D'INFORMATION DU DÉPARTEMENT

Loir et Cher info
ACCUEIL > A LA LOUPE > PERCHE VENDÔMOIS > CONCERTS « POINTUS »

Concerts « pointus »

C’est le discret artisan des Rockomotives, de Gare à la Rochette ou du Charivari Jazz festival.

Depuis plus de vingt ans, Richard Gauvin œuvre à la diffusion des dites « musiques actuelles » dans le Vendômois, au sein de l’association Figures libres dont il assure la direction artistique. Né à Blois, ce passionné de musique a grandi à Trôo avant de rejoindre Tours pour ses études. Rien ne le prédestinait à revenir aux origines, mais les choses de la vie forcent parfois la main. Dans ce Vendômois que l’arrivée du TGV a progressivement transformé en espace rural à forte attente culturelle, Richard Gauvin programme ses concerts selon un principe immuable : fuir les artistes « marketés » sans pour autant jamais tomber dans l’élitisme pour, toujours, toucher un large public. Pari exigeant mais tenu.

Alice Enaudeau – Photo : Laurent Alvarez

 EN SAVOIR PLUS 
www.figureslibres.org

Poursuivez votre lecture

Attraction musicale

Depuis plus de vingt ans, Richard Gauvin œuvre à la diffusion des musiques actuelles dans le Vendômois, au sein de l’association Figures libres. Attaché à son territoire et convaincu que la culture est vecteur de développement local, il réussit à intégrer une culture très citadine au sein d’un milieu rural.
Barbe de trois jours, éternels cernes sous les yeux, pull marin et baskets vintage aux pieds, Richard Gauvin se fond sans peine dans la cohorte des salles branchées parisiennes. Pourtant, c’est justement bien loin de ces scènes-là qu’il a choisi de faire son job de passeur de culture. Et bien loin des lumières aussi. L’homme n’apprécie que très peu l’exercice de la pause photographique. Et s’il est l’artisan des concerts qui jalonnent le territoire vendômois, bien peu de spectateurs le connaissent en réalité. Il y déambule, discret, vérifie que tout roule, mais ne se la joue pas patron de salle. Il faut dire que Richard Gauvin n’a pas besoin de se créer un personnage, il est ici chez lui. Né à Blois en 1969, il a vécu toute son enfance dans le Vendômois, à Trôo. Et c’est à Thoré-la-Rochette qu’il a établi son campement sous la forme d’une grande maison où le confinement de ce printemps 2020 lui a permis de faire le tri dans sa collection de disques.
Au début des Rockomotives
La musique, elle lui colle aux baskets depuis tout petit. Il faut dire qu’avec les livres, elle tenait une bonne place à la maison. « Jazz et chanson, mais rien de pointu », dit-il simplement. Sa culture musicale, il se l’est forgée au gré des rencontres, notamment avec un certain Yann Tiersen, qui compte parmi ses proches. Au point d’être recruté en 1994, à 25 ans, pour assurer la tenue d’un tout jeune festival monté par le service jeunesse de la ville de Vendôme, Les Rockomotives. Une semaine d’ateliers musique suivie d’un gros concert de clôture. Quoi de plus logique pour l’ancien ado qui adorait organiser des fêtes ? Mais la fête prend de l’ampleur. En 2003, Les Rockomotives (www.rockomotives.com/rockomotives) quittent le giron de la mairie pour être gérées par la nouvelle association Figures libres (www.figureslibres.org).

 

Aller au plus près du public
Outre le festival de l’automne, Figures libres a vocation à organiser des concerts sur tout le territoire. Ce, sans jamais perdre de vue le volet action culturelle cher à son directeur artistique. « Les enfants sont le futur vivier de spectateurs, il faut passionner les gens à un autre genre de musique que les dix meilleures ventes », assure Richard Gauvin. Surtout, il faut le faire en dehors des scènes institutionnelles, mais là où se trouve le public. C’est ainsi que Gare à la Rochette, la fête de la musique organisée en collaboration avec le comité des fêtes de Thoré-la-Rochette, propose des concerts dans les cavités du coteau où s’adosse l’ancienne gare ; que le Charivari Jazz Festival1 anime Montoire-sur-le-Loir et ses alentours chaque printemps depuis trois ans ; que des pointures de la musique progressive viennent se produire en toute simplicité à la Fabrique du docteur Faton de Vendôme…

 

Contribuer à dynamiser le Vendômois
« On a une mission de service public, donc il faut que notre programmation reste ouverte, mais on n’est pas là pour être le relais des grosses maisons de disque dont l’objet n’est plus la culture », annonce clairement Richard Gauvin. Assumer une programmation pointue tout en refusant d’être taxé d’élitiste. Une équation complexe, qu’il tente de résoudre depuis plus de vingt ans. Car son ambition reste de participer au dynamisme du territoire et à sa cohésion sociale. Et Richard Gauvin de se féliciter de voir la moyenne d’âge de la petite commune de Thoré-la-Rochette baisser grâce aux nouveaux arrivants. « C’est la preuve que quand on met en avant la culture sur un territoire, il y a des répercussions en termes d’attractivité. » 

Texte : Alice Enaudeau – Photo : Laurent Alvarez

 

 INFOS + 
www.figureslibres.org

Share This