LE MAGAZINE D'INFORMATION DU DÉPARTEMENT

Loir et Cher info

LIEU DE VIE

AUTOMNE 2021

RENCONTRES À La Prévôté, bâtiment du XIVe siècle récemment restauré par la mairie, trois beaux projets ont vu le jour cette année.

Dans le corps de bâtiment ancien, La Grange aux savoir-faire organise des ateliers culinaires autour de l’autonomie alimentaire. « Nous souhaitons que chacun puisse apprendre à produire tout ou partie de ce qu’il consomme », explique Julie Hauvuy, fondatrice de la Grange. Dans cette grande cuisine lumineuse et chaleureuse, on apprend auprès d’artisans à faire son pain, sa charcuterie, sa bière, ses bocaux, sa cuisine végétarienne… La mairie a également construit, adossée à La Prévôté, une extension pour une épicerie multiservices et un atelier de transformation de charcuterie. À noter : le charcutier intervient dans des ateliers de La Grange aux savoir-faire, l’épicerie vend ses produits… ainsi que ceux d’autres intervenants des ateliers culinaires. Un cercle vertueux, un lieu de rencontres unique, inattendu et cohérent, qui attire une nouvelle fréquentation dans le village et redonne vie à un bâtiment ancien.

Texte : Julie Bind – Photo : Cyril Ananiguian.

 EN SAVOIR PLUS 
lagrangeauxsavoirfaire.fr
– Épicerie multiservices : Bénédicte et Thierry Depond, tél. 02 54 45 17 57
– Aux charcuteries gourmandes,
Pascal Macé, tél. 02 54 32 19 68

Poursuivez votre lecture

La Grange aux savoir-faire :
un mélange d’autonomie et de partage

À Vallières-les-Grandes, la transformation du plus vieux bâtiment du village en un atelier culinaire fait bouger les lignes.

« Tout est parti de l’épicerie et il y a eu un effet boule de neige », résume Éric Lacroix, maire de Vallières-les-Grandes. En achetant La Prévôté, le plus vieux bâtiment du village, la commune envisageait initialement d’y déplacer l’épicerie. Mais quand germe l’idée d’un partenariat avec un charcutier à la recherche d’un laboratoire fixe et d’un point de vente associé, les contraintes sanitaires se heurtent à celles de la restauration d’un bâtiment du XIVe siècle. Qu’à cela ne tienne, le maire de l’époque a alors une autre idée : installer La Grange aux savoir-faire (lagrangeauxsavoirfaire.fr), un atelier de pratiques culinaires dédié à la réappropriation de l’autonomie alimentaire, à La Prévôté.
La Grange aux savoir-faire, c’est le projet original de Julie et Guillaume, arrivés sept ans plus tôt dans le village. Le succès rencontré par leurs ateliers les pousse justement à chercher à agrandir leur cuisine. Le maire propose au couple de rénover La Prévôté pour y installer La Grange aux savoir-faire. L’épicerie et le laboratoire de charcuterie bénéficient de leur côté de locaux neufs construits dans le prolongement. Un grand parking, pratique pour les trois lieux, vient compléter l’offre de services.
La transformation de La Prévôté en une vaste et lumineuse cuisine accueillant des stagiaires se fait en harmonie entre la mairie et le couple. « Nous avons été consultés sur tout ! » se réjouit Julie. Le lieu marie le charme de l’ancien avec le pratique du moderne. De grandes ouvertures inondent la cuisine de lumière traversante. Celles de derrière donnent sur le potager, fouillis, poétique, généreux. « Le potager, c’est le point de départ des ateliers » explique Julie. Les stagiaires commencent par aller y récolter les légumes qu’ils vont ensuite préparer et sublimer en cuisine.

Quinze couchages
Ici, on apprend à comprendre le produit et à adapter un savoir-faire professionnel à une cuisine ménagère. Bières, conserves, cuisine végétarienne, charcuterie, fermentation, pain… « On apprend à faire le pain qu’on aime, dans un esprit low-tech »1 précise Julie. Les ateliers ont lieu essentiellement le week-end, par groupes de 8-10 personnes, du vendredi au lundi2. Le mercredi est le jour d’accueil d’enfants, et il arrive de plus en plus que des groupes d’entreprise, des touristes ou des scolaires viennent en semaine.
Sur place, six chambres de deux à cinq personnes, dont l’une adaptée aux personnes à mobilité réduite (soit quinze couchages au total), sont réservées aux stagiaires de La Grange et aux usagers de la Loire à vélo.
Pour l’instant, l’activité permet de salarier deux personnes à temps plein : Julie et Camille, qui a rejoint La Grange en juin. « Mais La Grange, c’est aussi Guillaume, les jardiniers prestataires, les artisans, certains interviennent ponctuellement, d’autres très souvent. L’équipe ne fait que grossir et nous espérons pouvoir embaucher une troisième personne d’ici à quelques mois », précise Julie.

Confinement
Le confinement lié à la crise sanitaire a eu un double impact sur La Grange. D’un côté, il a contraint la structure à fermer. D’autre part, beaucoup de personnes confinées chez elles ont redécouvert le plaisir de la cuisine domestique et du fait-maison… et viennent maintenant à La Grange. Guillaume explique : « Quand on fait son pain soi-même, il arrive un moment où on se heurte à l’irrégularité de sa réussite. Alors on vient à La Grange régler son problème et progresser. » Julie ajoute : « Pendant le confinement, nous nous sommes lancés dans le live sur Facebook. Super expérience ! Nous avons fait du pain avec 250 personnes… Tous les week-ends, nous proposions un live gratuit avec des artisans. Grâce à ces ateliers live, nous avons pu travailler et garder le lien avec les clients. Comme les gens voulaient continuer, nous proposons aujourd’hui des live payants le week-end. La plupart sont pleins. C’est une compétence que nous avons acquise pendant le confinement. »

S’inscrire dans la vie du village
Le bâtiment est ouvert sur le village et une partie du jardin, à l’arrière, est réservée aux enfants de l’école qui viennent planter et observer les insectes. « Nous avons envie de nous inscrire dans la vie du village », confirme Julie. « Ce qui nous plaît, c’est le partage, et cette dimension est plus importante depuis que La Grange est dans le bourg. » D’autant que les stagiaires se baladent, vont dans les commerces et les restaurants du village.
Cette synergie fonctionne tout particulièrement avec les artisans qui interviennent dans les ateliers et dont l’épicerie attenante vend les produits. « C’est une belle histoire, nous travaillons tous ensemble. Des communes qui soutiennent des projets comme les nôtres, il y en a peu, dit Julie. Ça permet à un bâtiment de revivre, ça redynamise le bourg. Les gens s’arrêtent, se demandent ce qu’il se passe ici. »

Des projets ?
Des stages longs, d’une durée d’une semaine, sont envisagés, tout comme des ateliers avec les associations du village, du type « cuisine et yoga ».
« Nous montons des offres en nous appuyant sur toutes les compétences qui existent autour de nous », précise Julie. De son côté, Guillaume a hâte de remonter un four à pain et de le mettre en chauffe régulièrement « pour créer du lien, que les gens du village viennent cuire leur pain ».

Cercle vertueux
Les stagiaires de La Grange consomment ce que les ateliers précédents ont produit. Julie explique la démarche : « Nous essayons d’être autonomes. Si nous devons acheter quelque chose, nous le faisons chez des producteurs locaux, en bio si possible. » Le maire espère intégrer le futur restaurant dans cette synergie. « Chacun est indépendant dans sa manière de mener son affaire mais est conscient que pour que son entreprise fonctionne, il faut que les autres travaillent de concert. Ça donne une envie supplémentaire de travailler l’environnement de la commune… »

1 – Ensemble des technologies utiles, durables et économiques.
2 – Agenda des cours en ligne.

Texte : Julie Bind – Photos : Cyril Ananiguian

 INFOS + 
La Grange aux savoir-faire : Julie Hauvuy – lagrangeauxsavoirfaire.fr
 La Grange aux savoir-faire

La Grange aux savoir-faire :
un mélange d’autonomie et de partage

À Vallières-les-Grandes, la transformation du plus vieux bâtiment du village en un atelier culinaire fait bouger les lignes.

« Tout est parti de l’épicerie et il y a eu un effet boule de neige », résume Éric Lacroix, maire de Vallières-les-Grandes. En achetant La Prévôté, le plus vieux bâtiment du village, la commune envisageait initialement d’y déplacer l’épicerie. Mais quand germe l’idée d’un partenariat avec un charcutier à la recherche d’un laboratoire fixe et d’un point de vente associé, les contraintes sanitaires se heurtent à celles de la restauration d’un bâtiment du XIVe siècle. Qu’à cela ne tienne, le maire de l’époque a alors une autre idée : installer La Grange aux savoir-faire (lagrangeauxsavoirfaire.fr), un atelier de pratiques culinaires dédié à la réappropriation de l’autonomie alimentaire, à La Prévôté.
La Grange aux savoir-faire, c’est le projet original de Julie et Guillaume, arrivés sept ans plus tôt dans le village. Le succès rencontré par leurs ateliers les pousse justement à chercher à agrandir leur cuisine. Le maire propose au couple de rénover La Prévôté pour y installer La Grange aux savoir-faire. L’épicerie et le laboratoire de charcuterie bénéficient de leur côté de locaux neufs construits dans le prolongement. Un grand parking, pratique pour les trois lieux, vient compléter l’offre de services.
La transformation de La Prévôté en une vaste et lumineuse cuisine accueillant des stagiaires se fait en harmonie entre la mairie et le couple. « Nous avons été consultés sur tout ! » se réjouit Julie. Le lieu marie le charme de l’ancien avec le pratique du moderne. De grandes ouvertures inondent la cuisine de lumière traversante. Celles de derrière donnent sur le potager, fouillis, poétique, généreux. « Le potager, c’est le point de départ des ateliers » explique Julie. Les stagiaires commencent par aller y récolter les légumes qu’ils vont ensuite préparer et sublimer en cuisine.

Quinze couchages
Ici, on apprend à comprendre le produit et à adapter un savoir-faire professionnel à une cuisine ménagère. Bières, conserves, cuisine végétarienne, charcuterie, fermentation, pain… « On apprend à faire le pain qu’on aime, dans un esprit low-tech »1 précise Julie. Les ateliers ont lieu essentiellement le week-end, par groupes de 8-10 personnes, du vendredi au lundi2. Le mercredi est le jour d’accueil d’enfants, et il arrive de plus en plus que des groupes d’entreprise, des touristes ou des scolaires viennent en semaine.
Sur place, six chambres de deux à cinq personnes, dont l’une adaptée aux personnes à mobilité réduite (soit quinze couchages au total), sont réservées aux stagiaires de La Grange et aux usagers de la Loire à vélo.
Pour l’instant, l’activité permet de salarier deux personnes à temps plein : Julie et Camille, qui a rejoint La Grange en juin. « Mais La Grange, c’est aussi Guillaume, les jardiniers prestataires, les artisans, certains interviennent ponctuellement, d’autres très souvent. L’équipe ne fait que grossir et nous espérons pouvoir embaucher une troisième personne d’ici à quelques mois », précise Julie.

Confinement
Le confinement lié à la crise sanitaire a eu un double impact sur La Grange. D’un côté, il a contraint la structure à fermer. D’autre part, beaucoup de personnes confinées chez elles ont redécouvert le plaisir de la cuisine domestique et du fait-maison… et viennent maintenant à La Grange. Guillaume explique : « Quand on fait son pain soi-même, il arrive un moment où on se heurte à l’irrégularité de sa réussite. Alors on vient à La Grange régler son problème et progresser. » Julie ajoute : « Pendant le confinement, nous nous sommes lancés dans le live sur Facebook. Super expérience ! Nous avons fait du pain avec 250 personnes… Tous les week-ends, nous proposions un live gratuit avec des artisans. Grâce à ces ateliers live, nous avons pu travailler et garder le lien avec les clients. Comme les gens voulaient continuer, nous proposons aujourd’hui des live payants le week-end. La plupart sont pleins. C’est une compétence que nous avons acquise pendant le confinement. »

S’inscrire dans la vie du village
Le bâtiment est ouvert sur le village et une partie du jardin, à l’arrière, est réservée aux enfants de l’école qui viennent planter et observer les insectes. « Nous avons envie de nous inscrire dans la vie du village », confirme Julie. « Ce qui nous plaît, c’est le partage, et cette dimension est plus importante depuis que La Grange est dans le bourg. » D’autant que les stagiaires se baladent, vont dans les commerces et les restaurants du village.
Cette synergie fonctionne tout particulièrement avec les artisans qui interviennent dans les ateliers et dont l’épicerie attenante vend les produits. « C’est une belle histoire, nous travaillons tous ensemble. Des communes qui soutiennent des projets comme les nôtres, il y en a peu, dit Julie. Ça permet à un bâtiment de revivre, ça redynamise le bourg. Les gens s’arrêtent, se demandent ce qu’il se passe ici. »

Des projets ?
Des stages longs, d’une durée d’une semaine, sont envisagés, tout comme des ateliers avec les associations du village, du type « cuisine et yoga ».
« Nous montons des offres en nous appuyant sur toutes les compétences qui existent autour de nous », précise Julie. De son côté, Guillaume a hâte de remonter un four à pain et de le mettre en chauffe régulièrement « pour créer du lien, que les gens du village viennent cuire leur pain ».

Cercle vertueux
Les stagiaires de La Grange consomment ce que les ateliers précédents ont produit. Julie explique la démarche : « Nous essayons d’être autonomes. Si nous devons acheter quelque chose, nous le faisons chez des producteurs locaux, en bio si possible. » Le maire espère intégrer le futur restaurant dans cette synergie. « Chacun est indépendant dans sa manière de mener son affaire mais est conscient que pour que son entreprise fonctionne, il faut que les autres travaillent de concert. Ça donne une envie supplémentaire de travailler l’environnement de la commune… »

1 – Ensemble des technologies utiles, durables et économiques.
2 – Agenda des cours en ligne.

Texte : Julie Bind – Photos : Cyril Ananiguian

 INFOS + 
La Grange aux savoir-faire : Julie Hauvuy – lagrangeauxsavoirfaire.fr
 La Grange aux savoir-faire

Share This