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Chez Étincelles, on partage ! 
  

Bouffée d’oxygène

PRINTEMPS 2022

Ce jeudi après-midi, ça tricote et ça papote autour de thés et de gâteaux maison dans le petit local d’Étincelles, à Contres. Pour Michèle, Ginette, Évelyne ou Marie-Noëlle, Étincelles est la bouffée d’oxygène qu’elles ne louperaient pour rien au monde.

« Quand on est seule toute la journée, on ne peut parler à personne », résume Ginette, 89 ans à peine, veuve depuis sept ans. C’est pour elle et pour toutes les femmes et les familles isolées en milieu rural que deux assistantes sociales ont créé l’association en 2001. Ici, tous les jeudis après-midi, on vient parler librement de ses maux pour mieux les conjurer, on rit, on partage, on monte des projets, on s’investit. Il y a aussi la venue d’une esthéticienne une fois par mois, l’atelier d’art floral à Mur-de-Sologne, les vacances en groupe une semaine à la belle saison, l’accueil des enfants le mercredi… Autant d’activités qui viennent ponctuer les semaines et redonner confiance à toutes ces femmes isolées.

Texte : Alice Enaudeau – Photo : Cyril Ananiguian.

 EN SAVOIR PLUS 
06 71 07 77 39 – association-etincelles@orange.fr

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Avec Étincelles, on reprend confiance en soi

À Contres (Le Controis-en-Sologne), l’association Étincelles permet aux femmes isolées de sortir de chez elles. Une bouffée d’oxygène bienvenue qui a permis à nombre d’adhérentes de tenir le coup pendant la période de covid

Si elle fait rêver les citadins en mal de calme et d’air pur, la campagne a aussi son revers de médaille moins reluisant. « Dans les petits pays, il n’y a plus rien. Pas de moyen de transport, pas d’épicerie. Quand on est seule toute la journée, on ne parle plus à personne », résume Ginette, « presque 89 ans ». Veuve depuis sept ans, elle vit seule à 8 km de Contres. Atteinte de DMLA1, Ginette ne peut plus conduire. Le confinement, pour elle, devenait perpétuel. Jusqu’à ce qu’elle entende parler d’Étincelles. « Je suis venue pendant la période de covid, je me sentais très seule… » Depuis, Ginette ne manque pas les retrouvailles du jeudi après-midi dans le petit local de la rue Pierre-Henri-Mauger à Contres. « On parle de tout, de rien, on fait des jeux pour stimuler la mémoire. »

Reprendre confiance en soi
À l’origine d’Étincelles, en 2001, avec le soutien de la CAF (Caisse nationale des allocations familiales), il y a deux anciennes assistantes sociales, dont l’actuelle présidente Marie-Jeanne Genty, qui constataient l’immense isolement des femmes, voire des familles entières, en milieu rural. Chargée de mission égalité femmes homme au CIDFF2 (https://loiretcher.cidff.info/blois/permanence-102.html) et membre du bureau d’Étincelles, Anne de Saint-Savin confirme que l’isolement peut être ressenti plus fortement en milieu rural qu’en ville. Les facteurs sont multiples : défaut de permis de conduire ou de véhicule, garde des enfants, conjoint… Tricot en main, voix dynamique, Évelyne témoigne : « J’ai vécu quarante-sept ans de harcèlement moral à la maison. Quand c’est comme ça, vous n’avez pas d’amis, ni rien. Quand je travaillais, ça allait, mais une fois à la retraite, je suis tombée en dépression. » C’est le CIDFF qui l’a envoyée vers Étincelles. « Ça m’a aidée à reprendre confiance en moi. Ici, il y a une bonne ambiance, on fait plein de choses. »

Parler pour exister
Outre les retrouvailles thé-gâteaux-papotages du jeudi, l’association propose différents rendez-vous : l’esthéticienne une fois par mois, des ateliers d’art floral à Mur-de-Sologne, des sorties au cinéma… Pour autant, il n’est nullement question de consumérisme ici, chacune s’investit, propose des idées, co-organise. Il ne s’agit pas d’occuper mais de redonner confiance par la participation active de chacune. « Il y a un esprit de partage, de sociabilité. Ça aide à garder l’estime de soi », note Marie-Noëlle, adhérente depuis plusieurs années.
Si toutes se retrouvent joyeusement aujourd’hui, le fameux confinement du printemps 2020 reste ancré dans les mémoires. Devant l’impossibilité de se retrouver, Marie-Jeanne Genty a joué du téléphone pour conserver le lien avec les unes et les autres. « Marie-Jeanne nous appelait régulièrement. On n’a pas été abandonnées », témoignent les dames autour de la table. Même si la tristesse est toujours là de n’avoir pu accompagner l’une des adhérentes, gravement malade, pendant ses derniers jours, toutes assurent que parler, même au téléphone, leur a permis de tenir le coup.

1 – Maladie de la rétine qui entraîne une perte de la vue.
2 – Centre d’information sur le droit des femmes et des familles.

Texte : Alice Enaudeau – Photos : Cyril Ananiguian

 INFOS + 
Étincelles – 06 71 07 77 39
association-etincelles@orange.fr

Avec Étincelles, on reprend confiance en soi

À Contres (Le Controis-en-Sologne), l’association Étincelles permet aux femmes isolées de sortir de chez elles. Une bouffée d’oxygène bienvenue qui a permis à nombre d’adhérentes de tenir le coup pendant la période de covid

Si elle fait rêver les citadins en mal de calme et d’air pur, la campagne a aussi son revers de médaille moins reluisant. « Dans les petits pays, il n’y a plus rien. Pas de moyen de transport, pas d’épicerie. Quand on est seule toute la journée, on ne parle plus à personne », résume Ginette, « presque 89 ans ». Veuve depuis sept ans, elle vit seule à 8 km de Contres. Atteinte de DMLA1, Ginette ne peut plus conduire. Le confinement, pour elle, devenait perpétuel. Jusqu’à ce qu’elle entende parler d’Étincelles. « Je suis venue pendant la période de covid, je me sentais très seule… » Depuis, Ginette ne manque pas les retrouvailles du jeudi après-midi dans le petit local de la rue Pierre-Henri-Mauger à Contres. « On parle de tout, de rien, on fait des jeux pour stimuler la mémoire. »

Reprendre confiance en soi
À l’origine d’Étincelles, en 2001, avec le soutien de la CAF (Caisse nationale des allocations familiales), il y a deux anciennes assistantes sociales, dont l’actuelle présidente Marie-Jeanne Genty, qui constataient l’immense isolement des femmes, voire des familles entières, en milieu rural. Chargée de mission égalité femmes homme au CIDFF2 (https://loiretcher.cidff.info/blois/permanence-102.html) et membre du bureau d’Étincelles, Anne de Saint-Savin confirme que l’isolement peut être ressenti plus fortement en milieu rural qu’en ville. Les facteurs sont multiples : défaut de permis de conduire ou de véhicule, garde des enfants, conjoint… Tricot en main, voix dynamique, Évelyne témoigne : « J’ai vécu quarante-sept ans de harcèlement moral à la maison. Quand c’est comme ça, vous n’avez pas d’amis, ni rien. Quand je travaillais, ça allait, mais une fois à la retraite, je suis tombée en dépression. » C’est le CIDFF qui l’a envoyée vers Étincelles. « Ça m’a aidée à reprendre confiance en moi. Ici, il y a une bonne ambiance, on fait plein de choses. »

Parler pour exister
Outre les retrouvailles thé-gâteaux-papotages du jeudi, l’association propose différents rendez-vous : l’esthéticienne une fois par mois, des ateliers d’art floral à Mur-de-Sologne, des sorties au cinéma… Pour autant, il n’est nullement question de consumérisme ici, chacune s’investit, propose des idées, co-organise. Il ne s’agit pas d’occuper mais de redonner confiance par la participation active de chacune. « Il y a un esprit de partage, de sociabilité. Ça aide à garder l’estime de soi », note Marie-Noëlle, adhérente depuis plusieurs années.
Si toutes se retrouvent joyeusement aujourd’hui, le fameux confinement du printemps 2020 reste ancré dans les mémoires. Devant l’impossibilité de se retrouver, Marie-Jeanne Genty a joué du téléphone pour conserver le lien avec les unes et les autres. « Marie-Jeanne nous appelait régulièrement. On n’a pas été abandonnées », témoignent les dames autour de la table. Même si la tristesse est toujours là de n’avoir pu accompagner l’une des adhérentes, gravement malade, pendant ses derniers jours, toutes assurent que parler, même au téléphone, leur a permis de tenir le coup.

1 – Maladie de la rétine qui entraîne une perte de la vue.
2 – Centre d’information sur le droit des femmes et des familles.

Texte : Alice Enaudeau – Photos : Cyril Ananiguian

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Étincelles – 06 71 07 77 39
association-etincelles@orange.fr

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