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Connaissez-vous Païs ?

 

La Plateforme alternative d’innovation en santé (Païs) a été créée en 2008 en Loir-et-Cher, c’était une première en France. Objectif : garantir une prise en charge médicale dans la journée sans passer par la case « urgences ». Si votre médecin traitant ne peut pas vous recevoir, grâce à Païs on vous oriente vers un autre praticien adhérent (dit « Païsou »). Cette plateforme concerne plusieurs territoires : Val de Cher-Controis, Grande Sologne et Vendômois. Résultat : une baisse du recours aux urgences et des économies ! Le Dr Isaac Gbadamassi est avec Patrick Expert, directeur d’hôpital, à l’origine de cette initiative. Cette dernière a très vite reçu le soutien de Monique Gibotteau, vice-présidente du conseil départemental. La collectivité subventionne d’ailleurs Païs depuis plus de dix ans.

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Païs vu et vécu par le docteur Cassien Gauthier
PAÏS : soulager les urgences

Vous avez entendu parler du dispositif Païs* ? Peu onéreux, rapide à mettre en œuvre, Païs permet à des médecins généralistes d’un même bassin de vie de s’organiser pour absorber des demandes de soins imprévus afin de désengorger les urgences de l’hôpital.

Initialement mis en place en vallée du Cher, puis en Sologne et en Vendômois, le dispositif permet à un patient d’être pris en charge dans les 24 heures y compris en cas d’impossibilité de voir son médecin traitant. Il suppose une entente préalable entre des médecins d’un même bassin de vie et l’hôpital. Installé à Pontlevoy depuis début janvier, le docteur Cassien Gauthier a intégré le dispositif dès son arrivée – avec enthousiasme.

« Païs, c’est un esprit de corps, de confraternité, explique le jeune médecin. Je suis venu à Pontlevoy pour ça ». Dans ce bassin du sud du département, sept médecins adhèrent au dispositif (trois à Pontlevoy, trois à Montrichard et une à Bourré). Chaque jour, à tour de rôle, l’un d’entre eux est de permanence. « Celui qui est de permanence s’organise pour accueillir tous les imprévus des confrères et intégrer les appels du Samu, dont le régulateur a notre planning ». Une réponse au jour le jour à la demande des patients, via un roulement six jours sur sept – du lundi au vendredi de 8 h à 20 h et le samedi de 8 h à 12 h.

« Nous assurons des consultations de petite urgence. Une lombalgie, le rhume d’un enfant, une cystite, une otite, une allergie… Des soins imprévus pour lesquels on trouve un créneau rapide afin que les gens n’encombrent pas les urgences pour rien ». Les Ehpad de Vallières-les-Grandes et Montrichard en profitent également : « les infirmières savent qu’elles peuvent téléphoner, nous nous déplaçons. L’été, quand un touriste appelle le Samu pour une consultation de petite urgence, le Samu nous le renvoie. Encore une fois, c’est du monde en moins aux urgences de l’hôpital ». Les médecins du dispositif se déplacent également chez les personnes isolées. « Ça permet d’anticiper ». L’anticipation, c’est le crédo du docteur Gauthier. « On fait trop de médecine curative, on dépense trop, explique-t-il. En préventif, ça coûte moins cher à tout le monde – les patients, la sécu, les hôpitaux ».
Les chevilles ouvrières du dispositif Païs, ce sont les secrétaires, formées par le Samu et la CPAM à réceptionner les appels, déterminer les urgences, orienter les patients. Les médecins qui font partie du dispositif touchent chacun 430 euros par mois pour payer un secrétariat mutualisé. « C’est un coût assez fort dans les charges d’un cabinet. Notre secrétaire connaît bien les patients, explique le docteur Gauthier. Elle sait comment réagir face à telle ou telle demande ».
Enfin, cet esprit de confraternité des médecins qui adhèrent au dispositif est dans l’air du temps. C’est l’évolution de la charge de ce métier. « Nous les jeunes, c’est ce qu’on recherche. Nous souhaitons des horaires compatibles avec une vie de famille ». Les médecins qui adhèrent au dispositif Païs observent une amélioration de leur qualité de vie (grâce au secrétariat, ils se libèrent en moyenne une heure trente de temps administratif par jour qu’ils peuvent reporter sur du soin pour leurs patients). Ils organisent comme ils l’entendent leurs rendez-vous hors des jours de permanence Païs l’esprit tranquille. Car en cas de souci, leur collègue d’astreinte prendra soin de leurs patients.

* plateforme alternative d’innovation en santé

À l’origine du projet

Pensé par le docteur Isaac Gbadamassi et Patrick Expert, alors respectivement chef du Samu et des urgences et sous-directeur de l’hôpital de Blois, Païs répond au problème d’engorgement des urgences hospitalières lié notamment à la désertification médicale. Il ne nécessite pas la construction de coûteuses maisons médicales, il suffit à des médecins d’un même bassin de vie de s’entendre pour assurer, à tour de rôle, une permanence quotidienne de prise en charge des patients sur rendez-vous. Le dispositif permet de réduire le recours aux urgences hospitalières et de maintenir une offre médicale de proximité en attirant des médecins grâce à des conditions de travail inédites.

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