LE MAGAZINE D'INFORMATION DU DÉPARTEMENT

Loir et Cher info

« La santé,
une priorité »

  Dossier réalisé par Anne Sarazin, avec Gwladys Barais, Julie Bind et Céline Huguet
Reportage photos : Laurent Alvarez, Cyril Ananiguian et Cyril Chigot

ENTRETIEN AVEC

Philippe Gouet,
président du conseil départemental de Loir-et-Cher

 

« La santé, une priorité »

Loir & Cher info : Quelle est la situation du département en termes de démographie médicale ?
Philippe Gouet : Actuellement, notre département connaît une densité de professionnels de santé plutôt inquiétante, avec certaines zones qu’on pourrait qualifier de désert médical. La région Centre-Val de Loire est l’une des moins bien loties de France en professions médicales et paramédicales. Le Loir-et-Cher arrive en 3e position, après l’Indre-et-Loire et le Loiret, mais avant l’Indre, l’Eure-et-Loir ou le Cher. Au niveau national, nous sommes au 75e rang quant à la densité de médecins généralistes et au 79e rang en ce qui concerne l’âge des médecins (beaucoup d’entre eux ont plus de 55 ans). La problématique ne fera que s’accentuer si ces professionnels ne sont pas remplacés au moment où ils partiront à la retraite.

L. C. I. : Quelle est l’origine de vos nouvelles propositions en faveur de la santé ?
P. G. : La santé concerne chacun d’entre nous, de la naissance jusqu’à la vieillesse. Face au constat de pénurie de médecins, l’accès à la santé est devenu une priorité pour nos concitoyens. Il fallait donc répondre à leurs interrogations en proposant des solutions. Un Grand débat autour de la santé, auquel j’avais participé activement, avait vu le jour en 2020, avant la crise sanitaire. Un diagnostic avait alors été établi, mais la période de pandémie a ralenti la mise en œuvre des mesures qui en découlaient.

L. C. I. : Avec votre nouveau plan « Le 41 en bonne santé », vous proposez des solutions concrètes ?
P. G. : Oui, car la situation reste très préoccupante. Je me suis engagé dès le premier jour de mon mandat à la tête du département, en juillet 2021, à traiter ce dossier fondamental. Je suis avant tout un professionnel de santé, j’ai exercé longtemps comme kinésithérapeuteostéopathe. Ainsi, dès le mois d’octobre, nous avons mis en place une commission médicale que j’ai copilotée avec Bruno Harnois, médecin généraliste à Romorantin-Lanthenay (et conseiller départemental, NDLR). Celle-ci, composée d’experts en santé, nous a permis de faire des propositions afin de lutter contre les déserts médicaux qui s’installent en Loir-et-Cher.

 

L. C. I. : Pouvez-vous présenter rapidement vos propositions ?

P. G. : Le conseil départemental met sur la table 10 millions d’euros (M€) supplémentaires sur l’ensemble de la mandature (2022-2028), c’est ambitieux et cela représente un bel investissement. « Le 41 en bonne santé » s’articule autour de neuf axes. Le premier concerne la création d’un poste de chargé de mission. Son rôle sera de promouvoir le Loir-et-Cher dans les écoles de médecine, les écoles paramédicales, les congrès, etc. Ce poste sera en lien permanent avec l’Agence d’attractivité qui a pour rôle de prospecter les professionnels de santé lors de salons ou via des plateformes numériques. L’objectif est de montrer tous les atouts du département ainsi que les mesures présentées récemment par l’exécutif départemental. Notre plan porte également sur l’accompagnement des futurs professionnels de santé avec la réévaluation de bourses pour les étudiants en médecine et en paramédical (infirmier, kinésithérapeute, etc.).

L. C. I. : Ces mesures restent très incitatives ?
P. G. : Oui, car nous avons besoin d’attirer de jeunes professionnels qui choisiront de s’installer ici, et de quitter Paris, peut-être… Pour ce faire, nous créons une cellule d’accompagnement qui aidera ces étudiants dans leurs démarches concrètes (logement, mobilité…). Nous allons aider de jeunes professionnels à acheter du matériel lors de leur installation. De même, nous allons soutenir l’investissement vers les maisons de santé pluridisciplinaires ou cabinets médicaux qui jouent un rôle capital dans un territoire rural. En aidant à la création et à l’extension de telles structures, nous rendons plus de services à la population.

L. C. I. : Des solutions sont-elles envisagées pour aider au quotidien les services d’urgence ?
P. G. : Nous souhaitons développer les systèmes de soins non programmés comme Païs et SOS Romorantin pour désengorger les urgences (voir en p. 15). Nous voulons aussi développer la télémédecine, qui représente une vraie aide pour la population, comme à Suèvres. Par ailleurs, nous travaillons autour d’un projet commun avec l’Indre-et-Loire : la création d’un cabinet médical ambulatoire, composé d’une infirmière et d’un médecin, qui se déplacerait dans les territoires les plus ruraux. Enfin, faire de la prévention auprès des collégiens via des ateliers me paraît essentiel. Ce sont les adultes de demain. Ce qui m’importe, c’est que chaque Loir-et-Chérien, où qu’il vive, ait un même accès au soin.

 

Réunion « santé » avec Monique Gibotteau, vice-présidente du département, Bruno Harnois, conseiller départemental, et Philippe Gouet.

c’est pourcentage de médecins généralistes âgés de 55 ans et plus exerçant en Loir-et-Cher.

(pour 100 000 habitants). c’est le nombre de médecins en Loir-et-Cher au 1er janvier 2018, dont 122 généralistes.

En sept ans, six maisons de santé pluridisciplinaires ont ouvert ; au total, leur nombre est de 18 en Loir-et-Cher.

Le Loir-et-Cher se situe au 75e rang des départements en ce qui concerne la densité de médecins généralistes.

c'est le montant du plan santé qui complète les 15 M€ déjà prévus par le département.

Share This