Le Magazine du Loir-et-Cher

Accueil / À la loupe / Travail de mémoire

Travail de mémoire

Monthou-sur-Cher
10 avril 2025
Temps de lecture : 3 minutes

Partager l’article

Travail de mémoire
Claire Marti, spécialiste des recherches généalogiques et documentaires. ©CD41/C.ananiguian

À 13 ans, Claire Marti découvre la généalogie : cela deviendra une passion qu’elle pratiquera en amatrice pendant seize années, avant d’en faire son métier depuis deux ans. Claire exerce la généalogie familiale pour répondre aux besoins de ses clients de mieux connaître leur histoire ou le parcours d’un aïeul. Autrement dit, elle reconstruit l’histoire d’un individu dans toute la complexité de sa famille. À partir d’un acte d’état civil, par exemple, le travail d’enquête peut démarrer. La tête dans les archives départementales, les documents anciens, lettres, documents familiaux, informations militaires… pas à pas avec patience et rigueur, elle dévide la pelote. Avec des embûches parfois, « le délai de communicabilité de certains actes ou la destruction d’archives ». Soumise au secret professionnel, Claire effectue un véritable travail de mémoire et de compréhension. Venus du passé, bien des évènements, des révélations sont susceptibles d’enrichir le présent pour mieux l’éclairer.


Poursuivez votre lecture

Claire Marti, généalogiste passionnée

À l’âge de 13 ans, Claire Marti « passionnée d’énigmes » et enquêtrice en herbe découvre la généalogie. Le temps passe, la généalogie est un peu mise de côté, mais Claire cultive son appétence pour les enquêtes, ce qui l’amènera à « poursuivre des études de psychocriminologie en vue de devenir analyste comportementale ». Un métier popularisé dans les séries télé sous le nom de « profiler ». Une profession qu’elle n’exercera pas, « mais la fibre d’enquêtrice reste ». Sa passion d’adolescente refait surface, qu’elle pratiquera pour son plaisir pendant seize années avant, finalement, de décider d’en faire son métier il y a deux ans comme généalogiste familiale pour répondre aux besoins de ses clients de remonter le cours de leur histoire familiale ou de mieux connaître le parcours d’un aïeul. Autrement dit, « reconstruire l’histoire d’un individu dans toute la complexité de sa famille ».

Un travail d’investigation

À partir d’un acte d’état civil, par exemple, le travail d’investigation peut démarrer. La tête dans les archives publiques, les documents anciens, lettres, documents familiaux, informations militaires… « mais aussi archives de presse », pas à pas, avec patience et rigueur, la pelote est déroulée. Avec des embûches parfois, « le délai de communicabilité de certains actes ou la destruction d’archives ». Soumise au secret professionnel, c’est un véritable travail de mémoire et de compréhension qu’effectue Claire. Venus du passé, bien des événements, des révélations sont susceptibles d’enrichir le présent pour mieux l’éclairer. À force d’utiliser des documents parfois oubliés de tous, la généalogie permet de faire revivre la grande histoire, mais à hauteur d’homme.

Ses incessantes recherches au sein des archives départementales de Loir-et-Cher ont permis à Claire Marti d’exhumer un lot de courriers, « 250 environ, non distribués, rédigés par quelques-uns des milliers de Français ayant transité par le Loir-et-Cher lors de l’exode de 1940 ». En mai, l’offensive allemande, rapide, désorganise complètement le pays. Les images sont nombreuses qui témoignent de familles entières jetées sur les routes à pied, à vélo, à bord de voitures ou de charrettes surchargées, descendant des régions du nord, de l’est, mais aussi de Belgique, des Pays-Bas, en direction du sud de la France pour échapper aux combats. Le Loir-et-Cher est sur la route de cette migration, « Blois devient alors ville d’accueil ». La ville fera elle-même l’objet de bombardements en juin, les Blésois devront fuir  à leur tour.
Ainsi, depuis l’été dernier, bénévolement (mais soutenue dans son action par les archives départementales), Claire Marti fait revivre cet épisode tragique de l’histoire de France. Pour cela, elle effectue un travail de recherche lent et minutieux « afin de retrouver et de recontacter les descendants des expéditeurs ou des destinataires » et leur remettre copie du document sorti de l’oubli. Pour certaines familles, une brusque irruption du passé dans leur quotidien se révèle souvent « source d’émotions intenses ». La généalogie, un trait d’union entre passé et présent.

Olivier Durand

06 89 36 72 02 – chroniquesfamiliales41@gmail.com
chroniquesfamiliales.fr
Facebook

Partagez l’article

Continuez votre lecture