Thés, cafés, jus, vins, confitures, mais aussi chips, farines et légumes secs, biscuits, terrines et petits bocaux de plats préparés… Dans sa boutique de 35 m2, Virginie Boissé réussit le tour de force de proposer un très large éventail de produits du quotidien, mais aussi d’autres, plus sophistiqués, pour des paniers gourmands à offrir. D’ailleurs, les propriétaires de gîtes et chambres d’hôtes des alentours ne s’y trompent pas et qui viennent ici faire confectionner leurs cadeaux de bienvenue. Et pour cause : la très grande majorité des denrées sont locales et issues de productions artisanales. On peut même les déguster sur place dans le salon de thé cosy aménagé en sous-pente à l’étage. « Le salon de thé, pour moi, c’est un endroit où l’on vient déconnecter au calme, sans avoir le nez sur son portable », explique Virginie. Livres et jeux de société sont donc à portée de main et, tandis que les tout-petits disposent d’un coin à eux, les musiciens apprécieront le piano qui leur tend ses touches.
Alice Enaudeau
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Des ressources humaines à l’épicerie fine
À Saint-Georges-sur-Cher, Virginie Boissé a ouvert l’épicerie fine Les Douceurs de Virginie en juin 2024, qui s’est doublée d’un salon de thé sept mois plus tard. Un projet construit et abouti en quelques mois grâce à l’alignement de quelques planètes et à un solide travail préparatoire.

Il est des projets qui mettent des années à aboutir et d’autres qui semblent être nés en un claquement de doigts. Virginie Boissé a expérimenté la seconde version, emportée par sa propre reconversion professionnelle puisqu’il lui a fallu moins d’un an pour changer de vie. Fatiguée par les journées sans fin de son emploi d’assistante RH (ressources humaines), elle projette l’ouverture d’un salon de thé à plus ou moins long terme et contacte la chambre des métiers à l’automne 2023 pour évoquer son projet. La réponse est sans appel : la viabilité d’un salon de thé dans une commune rurale n’étant pas assurée, il faut revoir le projet. Et Virginie de se voir glisser l’idée d’une épicerie fine. « OK, pourquoi pas, mais à condition de choisir des produits locaux et majoritairement faits en France », répond l’intéressée. Elle se tourne illico vers la chambre de commerce et d’industrie (CCI) pour suivre une formation à la création d’entreprise, qu’elle intègre dès la fin novembre.
Un projet mené tambour battant
Un mois plus tard, alors qu’elle s’enquiert de la disponibilité d’un local dans sa commune, Saint-Georges-sur-Cher, le maire l’informe qu’une cellule devrait se libérer « dans quatre à six mois ». Les choses vont alors s’enchaîner à la vitesse grand V. « Grâce à la CCI, j’ai présenté mon projet à Initiative Loir-et-Cher en janvier et, contre toute attente, je suis passée en commission dès le mois de mars. » Toujours en poste, Virginie doit jongler entre son emploi et la préparation en urgence d’un dossier de 50 pages à présenter devant une commission de quinze professionnels… Mais le dossier est solide ; Virginie se retrouve sur un boulevard avec tous les feux au vert. Fin avril, elle visite le local sur la place du village. « L’ancien occupant était réparateur informatique, donc tout l’étage était entièrement occupé par du matériel. J’y ai vu quelques petites pièces en me demandant ce que j’allais en faire… »



Une épicerie pour particuliers et professionnels
Le 11 juin 2024, huit mois seulement après le premier contact pris pour envisager sa reconversion professionnelle, Virginie ouvre les portes de son épicerie fine, Les Douceurs de Virginie. Dans sa petite boutique de 35 m² au rez-de-chaussée, le thé en vrac occupe une large place, tout comme le café ou les biscuits secs. Mais Virginie élargit l’offre aux produits salés avec une belle gamme d’épices, légumes secs, farines, terrines, bocaux… locaux. Une offre qui répond aux besoins des professionnels du tourisme, nombreux dans cette commune à quelques encablures de Chenonceaux, Chissay-en-Touraine et Montrichard. « Les propriétaires de chambres d’hôtes viennent confectionner des paniers d’accueil et ils peuvent orienter leurs clients pour du dépannage pour le dîner. De même, les vols en montgolfière terminant tard, les restaurants alentour sont souvent fermés, donc je peux proposer des plats salés froids. » À l’aise sur les réseaux sociaux, Virginie développe, par ailleurs, toute une communauté grâce à ses tutos de recettes et ses conseils cuisine.
Salon de thé mansardé
Et puis, alors qu’elle avait remisé son projet initial de salon de thé, faute de rentabilité, elle l’agrège à la boutique dès janvier 2025, après avoir pris conscience de la surface disponible à l’étage : 80 m², en partie mansardés. « C’était un projet qui me tenait à cœur car j’adore le thé et l’Angleterre. J’ai passé des heures dans les salons de thé à réviser lorsque j’étais étudiante à Tours. Pour moi, c’est un endroit où l’on prend le temps de se poser sans avoir le nez sur son portable. » Pour faciliter la déconnexion, elle aménage une vaste bibliothèque où livres et jeux sont librement accessibles. Même un piano est là à disposition des mélomanes.
Un an après cette reconversion rondement menée, Virginie est sereine. Oui, il y a eu de la fatigue, du stress, de la pression alors qu’elle devait tout mener de front et les journées d’une commerçante ne font pas exactement huit heures… « Mais je travaille où je vis et les enfants peuvent venir me retrouver après l’école et s’installer à l’étage. Je vois beaucoup plus ma famille qu’avant ! »





