Le Magazine du Loir-et-Cher

Accueil / À la loupe / Sologne / Aronia, superfruit !

Aronia, superfruit !

Fontaines-en-Sologne
11 décembre 2025
Temps de lecture : 4 minutes

Partager l’article

Aronia, superfruit !
Laurent Lecomte, producteur d’Aronia ©CD41/Cyril Chigot

Au creux de l’hiver, rien de tel qu’une cure de vitamines pour tenir le choc jusqu’au printemps. Mais tant qu’à se soigner, autant le faire avec plaisir. Fini la vitamine en tube, on adopte l’aronia, un petit fruit rouge (source de vitamine C et de fibres alimentaires, antioxydant, anti-inflammatoire) aux vertus multiples qui lui valent l’appellation de « superfruit ». En jus au petit déjeuner, déshydraté en salade ou dans un muesli, en poudre pour des desserts goûteux ou en confiture, l’aronia se décline sous toutes les formes pour une valorisation maximale pleine de saveur. Fondateur de la pépinière Hortisologne, Laurent Lecomte s’est lancé, en 2016, dans la culture de cet arbuste d’Amérique du Nord, avec cinq collègues pépiniéristes et horticulteurs du Centre-Val de Loire. Engagés dans une production biologique locale et artisanale, ils maîtrisent la filière, de la plantation jusqu’à la vente des produits finis.

Alice Enaudeau

superfruitsloirevalley.com – 06 03 25 89 23
Facebook

Poursuivez votre lecture

L’aronia, la filière agricole régionale qui monte

Fondateur de la pépinière Hortisologne en 1985, Laurent Lecomte a vu le marché du jardinage se resserrer à partir des années 2010. Avec des confrères de la région, il a donc planché sur le développement d’une nouvelle filière horticole autour de l’aronia, un petit fruit noir issu d’Amérique du Nord.

Riche en antioxydants, vitamine C et polyphénols, protecteur cardiovasculaire, booster du système immunitaire, régulateur du pic glycémique, facilitateur à l’effort physique… Laurent Lecomte ne tarit pas d’éloge sur l’aronia, cette baie noire originaire d’Amérique du Nord. C’est ce « superfruit » que Laurent Lecomte et quelques collègues horticulteurs et pépiniéristes de la région ont choisi d’implanter localement pour faire rebondir une filière à la peine. « Le marché de la pépinière a progressivement ralenti jusqu’à atteindre son point mort autour de 2010. Avec des collègues de la région, nous avons donc monté un groupe de réflexion autour des nouveaux usages des plantes pour contrebalancer la chute du marché du végétal purement ornemental », explique-t-il. Le groupe s’oriente rapidement vers les superfruits, ainsi classés (non officiellement), en vertu de leur richesse nutritionnelle et de leurs qualités protectrices pour l’organisme. Le groupe s’arrête un moment sur la spiruline, une algue qui a le vent en poupe, et l’argouse, jusqu’à ce qu’il découvre l’aronia, qui a le mérite d’être encore assez méconnue en France.

Construire une filière régionale

Surtout, les cinq professionnels veulent maîtriser la filière de bout en bout : pas question de n’être que cultivateurs au profit d’industriels qui en tireraient toute la valeur ajoutée. L’aronia étant un fruit encore confidentiel, il y a tout à construire. Grâce à un fonds européen pour l’innovation, la délégation s’envole donc pour le Canada à la découverte de « la plante qui guérit », comme la qualifiaient les Amérindiens.

Gélif (qui se désagrège sous l’effet du gel, NDLR) à – 30°, l’aronia a le mérite de n’être ni fragile ni sensible aux maladies, de se cultiver en toutes terres et en culture biologique. En Europe, la culture est déjà très développée en Pologne, en Allemagne et en Suisse. Mais loin de s’inscrire dans une production intensive conventionnelle, la SAS (société par actions simplifiées) Superfruits Loire Valley vise la qualité plus que la quantité. « Nous cultivons en agriculture biologique et il n’est pas question d’aller vers une grosse production. En revanche, nous voulons valoriser le produit au maximum pour construire une filière régionale artisanale viable », expose le pépiniériste.

La baie a, en effet, l’avantage de se consommer déshydratée, en jus, en confiture ou en poudre à intégrer en cuisine. La SAS a donc vocation à assurer toutes les étapes de la production : culture, transformation et distribution. « Chacun est apporteur puis prend part aux différentes étapes de la production », poursuit Laurent Lecomte.

Jus, confitures, fruits secs et poudre

Pour mener à bien le projet, l’entreprise s’appuie sur le pôle agroalimentaire Food Val de Loire et sur l’écosystème régional, fidèle à son mantra de production « locale et artisanale ». Elle collabore ainsi avec la start-up controise HPP Centre pour pasteuriser à froid (sous haute pression) le jus d’aronia.  « On ne voulait pas tromper les gens en vendant un jus d’aronia dont les qualités nutritionnelles auraient été détruites par la pasteurisation traditionnelle. Pour aller au bout de notre réflexion sur un produit bon pour la santé, on a opté pour ce procédé innovant », indique Laurent Lecomte. Les confitures sont, quant à elles, produites par un confiturier de Cour-Cheverny, tandis que les drêches des fruits sont envoyées dans le Loiret où elles sont valorisées sous forme de poudre et de fruits secs.

Réflexion autour de la cosmétique

À l’origine des recettes qu’elle teste dans sa cuisine, la femme de Laurent Lecomte, Attilia, planche depuis plusieurs mois sur le vinaigre d’aronia qui pourrait offrir un nouveau débouché culinaire à la vertueuse baie. Mais c’est surtout à son pouvoir colorant que le groupement réfléchit désormais, notamment pour une utilisation en cosmétique. L’un des associés a d’ailleurs intégré la SAS dans cette optique.

Née en 2016, la filière régionale de l’aronia se développe petit à petit. Ouverte à de nouveaux producteurs et à de nouveaux débouchés, il y a fort à parier qu’elle n’en est qu’à ses débuts.

Alice Enaudeau

Photos : ©CD41/Cyril Chigot

Points de vente des produits de Superfuits Loire Valley

Partagez l’article

Continuez votre lecture