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Spectacle musical

Blois
26 juin 2025
Temps de lecture : 4 minutes

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Spectacle musical

Avec ses deux comparses, Bruno Ramos à la direction musicale et à la basse et Pierre-Erwan Grenet à la batterie, Mathis Poulin démarre la tournée de son nouveau spectacle1, Chasseur de comètes, en ce début d’été (voir en p. 9). Un spectacle qui entremêle compositions personnelles et reprises de titres populaires. « J’ai longtemps été réticent à faire des reprises parce que je compose moi-même, dit-il, mais elles permettent de rassurer le public qui ne me connaît pas, de fédérer. » Plus que de studio, Mathis Poulin s’affirme clairement comme un artiste de scène. « Il y a de l’imperfection dans le live, mais il se passe quelque chose, il y a une émotion en direct avec le public. » Le jeune auteur-compositeur-interprète de 24 ans emploie donc le terme de « spectacle » plutôt que celui de « concert » pour parler de Chasseur de comètes. Un voyage spatial « plus Jules Verne que Star Wars », où Mathis Poulin réunit les comètes qui l’ont inspiré dans une ambiance poétique mais, surtout, insiste-t-il, festive.
Alice Enaudeau

1 – Soutenu par le conseil départemental.

Photos : CD 41/Cyril Chigot


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Mathis Poulin, comète sur orbite

À 24 ans seulement, Mathis Poulin a déjà un joli parcours derrière lui. Pour son nouveau projet Chasseur de comètes, il a réuni de multiples partenaires dont il se fait chef d’orchestre pour créer un spectacle musical. Rencontre avec un musicien qui trace tranquillement son chemin.

Ça tient parfois à peu de choses, une vocation. Mathis Poulin doit la sienne à un ami qui s’est blessé le jour d’un concert. Ledit ami officiait comme chanteur dans The Yam, le groupe de collégiens où Mathis grattait la guitare. Il a fallu le remplacer au pied levé. « Ma prestation n’était sûrement pas bonne, mais j’ai ressenti quelque chose. Je me suis dit que c’était ça que je voulais faire : chanter ! » Car jusqu’alors, le truc de Mathis, c’était la guitare. Un instrument découvert grâce à son enseignant de maternelle qui jouait Brassens à ses élèves. Un vrai choc. « C’est là que j’ai découvert la musique. Je ne comprenais pas les paroles, mais j’étais sensible au rythme et au son de la guitare. Plus tard, quand j’ai compris les textes, j’ai adoré ! »

Premiers concerts solo à 15 ans
Encouragé par des parents mélomanes, Mathis commence les cours de guitare à 14 ans et écrit ses premières chansons à 15 ans. C’est son père qui se charge de lui trouver des dates lorsque, lycéen puis étudiant, il commence à arpenter les scènes locales en solo guitare-voix. Il assure les premières parties de Camille Esteban, Clara Luciani, Gauvain Sers… « Mes parents ont vite compris que le sport ne serait pas mon truc ! J’ai eu beaucoup de chance de pouvoir compter sur eux. Depuis le début, ils m’encouragent. Peut-être une façon de vivre quelque chose par procuration ! », analyse-t-il.
Après sa licence d’histoire, qu’il suit « en loisir » quand il n’est pas en concert, Mathis entre au conservatoire de Blois, dont il ressort diplômé, mention « très bien », en 2023. La même année, il sort son premier album, Allons de l’avant. Douze titres qui traitent du monde qui l’entoure avec sensibilité et humour. Doté d’une voix singulière, l’auteur compositeur y révèle une jolie plume aux mélodies variées imprégnées de la chanson française qui a bercé son enfance et qu’il a lui-même intégrée à son panthéon personnel : Balavoine, Brassens, Goldman, Renaud…

Compositeur pour la Compagnie du hasard
Repéré par la Compagnie du hasard, Mathis Poulin se retrouve compositeur des mélodies du spectacle Odyssée 2024, avant d’assurer la direction musicale de Allez Salut !, l’ultime création de la troupe. « La Compagnie du hasard m’a permis de vraiment me professionnaliser, dit-il en toute humilité. Il y a eu un avant et un après. Ce travail m’a donné envie de penser un spectacle dans sa totalité. » Outre Bruno Ramos et Pierre-Erwan Grenet, les musiciens qui l’accompagnent depuis 2019, Mathis a donc convié costumiers, peintre en décor et vidéastes pour son nouveau spectacle Chasseur de comètes. À 24 ans, il fédère une véritable petite entreprise comme s’il n’y avait rien de plus normal. « Maintenant, je me sens prêt à m’occuper de plus de choses, notamment rechercher des dates de concerts. C’est difficile, mais c’est stimulant ! » Avec déjà quinze dates dans la région jusqu’en novembre, la mission se déroule plutôt pas mal…

Aller chercher le public
Loin de prendre la grosse tête, Mathis avance presque à pas feutrés. Basé sur des reprises, Chasseur de comètes intègre quelques compositions personnelles, disséminées ici et là. « Nous sommes programmés sur des dates Festillésime, un dispositif très important car il permet aux municipalités d’organiser des évènements culturels. Mais les spectateurs ne se déplaceront pas pour moi. C’est donc à moi d’aller les chercher. Pour ça, les reprises permettent de faire le premier pas, de créer un dialogue avec le public et de passer un bon moment. Mais il est vrai que j’écris des chansons pour les faire écouter, alors ce spectacle en contiendra. Après, comme disait Brassens, “si le public en veut, je les sors dare-dare, s’il n’en veut pas je les remets dans ma guitare” ! »

Un objectif : une tournée en France
Partir à Paris pour monter plus vite ? Mathis n’y pense pas une minute. « Le gotha musical ne m’intéresse pas du tout et la concurrence est énorme. Moi, je voudrais faire comme Cabrel, vivre de la musique tout en restant attaché à ma région. J’ai un côté très casanier ! » Alors, il prend son temps, en gardant son cap : élargir petit à petit le cercle des concerts pour faire une tournée en France. Pour celui qui s’est déjà produit en Vendée, en Maine-et-Loire ou en Savoie, l’objectif semble réalisable.
Alice Enaudeau

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