Un an d’existence et déjà plus de 11 500 followers (abonnés), sur Instagram pour La Bicoque de Simone. Élodie Monteiro, qui lui a donné forme et âme le 1er octobre 2024, n’en revient pas. « C’est fou ! » Une reconnaissance méritée, car le travail (fait main) de cette rénovatrice de meubles anciens se distingue par la qualité des rendus et plus encore par la sensibilité qui en émane. « Je suis hyper minutieuse », dit-elle. À ce mobilier endormi sous parfois quatre couches de peinture, Élodie redonne une histoire à raconter. « Ce sont souvent des meubles de famille bourrés de charme, que l’on ne regarde plus. » Pour ces parias remisés au grenier, démodés, trop foncés, Élodie imagine une présence dans nos intérieurs. « Il faut avoir un coup d’œil pour projeter leur potentiel oublié dans une seconde vie. » Elle aime redonner son aspect brut au bois et n’abuse pas de la peinture. « Je m’en sers pour valoriser ce naturel. » Autre particularité : chaque meuble se voit attribuer un prénom. « Cela renforce notre attachement. »
Capucine Beauchamp
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Une seconde jeunesse
Le monde de la pierre, de l’habitat, la décoration… des univers dans lesquels Élodie Monteiro a baigné dans le cadre familial. « J’aime le travail manuel. J’ai rénové deux maisons, et pas des petits trucs, des gros », dit-elle. Comme le ragréage du sol (enduit de sol, NDLR) de sa maison, baptisée « La maison pommes de pin » par son fils. « J’ai aussi travaillé en toiture avec mon père. » Pourtant, avant de se lancer dans l’entreprenariat et la rénovation de meubles anciens avec La Bicoque de Simone, Élodie a évolué pendant dix-sept ans dans la grande distribution. Chez Lidl Onzain, en qualité de directrice de magasin d’abord, où elle participe au challenge de l’enseigne qui désigne le meilleur magasin de France. « J’avais 30 ans et j’ai réussi à embarquer toute l’équipe cette année-là. C’était super ! » Que faire de plus ensuite, prendre la direction d’un magasin plus important ? Ce ne sera pas le choix d’Élodie qui se tournera alors vers Leroy Merlin, séduit par son profil. « J’étais cheffe de secteur projets décoratifs. J’ai suivi toutes les formations sur les peintures, les tendances, les réseaux sociaux. L’enseigne surfait déjà sur le recyclage, la deuxième vie pour les meubles, cet élan m’a impulsée. »



Envie de tourner la page

Mais la jeune femme a envie de plus. Sa personnalité vitaminée et solaire éprouve le besoin aussi de liberté dans la prise des décisions. Elle décide alors de tourner la page et de commencer un bilan de compétences qui la conduira… à la création de La Bicoque de Simone. « Toute mon expérience professionnelle acquise me sert néanmoins aujourd’hui avec, en bonus, le plaisir de faire ce qui me plaît, d’avoir gagné en qualité de vie avec des échanges géniaux avec mes clients. » Elle discute beaucoup avec sa communauté en ligne. « Je la sollicite pour avoir son ressenti sur une rénovation comme ci ou comme ça. Les réseaux sociaux sont ma boutique ! », dit-elle.
Élodie adore la photo. « J’adore réaliser des mises en scène pour mettre en valeur les meubles rénovés et les moments “shooting” constituent ainsi du pur bonheur. J’adore, j’adore… »
La jeune femme rénove aussi bien les meubles anciens confiés par ses clients que des meubles chinés ici ou là ou même qu’on lui donne et qu’elle revend après leur avoir redonné une seconde jeunesse. Chaque meuble est rénové avec grand soin à la main. Élodie démonte porte, gonds, poignées… nettoie jusque dans les moindres détails, ponce pour un velouté impeccable au toucher. À chacun, elle donne ensuite un prénom avant de le laisser partir. Il y a eu Bertille, l’armoire parisienne, Philibert, le banc d’école, Paulette, la table basse fermière, Clovis, le buffet naturel, Ferdinand, le coffre à jouet… et tant d’autres dont elle a des nouvelles, comme s’il s’agissait d’un parent, via ses clients. « C’est comme si je faisais partie un peu de leur intimité. J’ai donné le prénom de mon arrière-grand-mère à La Bicoque de Simone pour lui rendre hommage. Poursuivre dans cette continuité correspond à l’esprit d’authenticité qui m’anime. »



