Arrivée de la région parisienne en 2020 en quête d’un havre de paix, Christelle Colard a monté un projet de polyactivité à la ferme de Monchaud. Celui-ci mêle élevage de poules pondeuses, maraîchage sur petite surface, atelier artisanal de biscuits et conserves salées et sucrées, boutique de produits locaux. Consciente que la conjoncture n’est pas favorable à la monoactivité, Christelle trace plusieurs chemins qui convergent tous dans la même direction : proposer des aliments frais, locaux et de qualité à prix abordable. « Le territoire est extrêmement riche en produits, mais comme il est aussi très étendu, ce n’est pas simple d’aller faire ses courses à la ferme. L’idée est donc de centraliser l’offre pour faciliter le quotidien des clients. » Elle représente également une vingtaine de producteurs situés à moins de 60 kilomètres de la boutique. Et comme la convivialité est le maître-mot de son projet, Christelle aménage un petit salon de thé extérieur du 15 mai au 15 septembre, ouvert aussi le dimanche après-midi.
Alice Enaudeau
06 19 07 00 32 – 1, lieu-dit Monchaud
Christelle L’Atelier de Monchaud
Jeudi : 15 h – 19 h – Vendredi : 10 h – 12 h / 15 h – 19 h – Samedi : 10 h – 12 h / 15 h- 18 h – Dimanche : 15 h – 18 h (café uniquement)
Photos : CD 41/Laurent Alvarez
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L’Atelier de Monchaud : plus qu’une boutique à la ferme
Arrivée de région parisienne en 2020, Christelle Colard reconvertit progressivement la ferme où elle s’est installée avec son mari et sa fille. Maraîchage, élevage, atelier artisanal, boutique et salon de thé, son projet protéiforme se développe vers un seul objectif : prendre part à la vie locale en favorisant le bien manger.
C’est une histoire qui commence à être classique : celle d’une famille qui ne supporte plus l’hystérie parisienne, qui rêve de se mettre au vert, qui trace un cercle d’un rayon de 200 km autour de l’Île-de-France et qui atterrit en Loir-et-Cher. « On voulait être isolés, avoir des dépendances, de l’espace et une grande maison pour accueillir famille et amis. On a trouvé le lieu qui cochait toutes les cases ici, à Saint-Léonard-en Beauce, en 2020 ! », résume Christelle Colard, 44 ans. « Ce qui nous a frappés quand on est venus pour visiter la maison, c’est qu’à l’épicerie où on s’était arrêtés, tout le monde disait bonjour ! »
Participer à la vie locale
Ni Laurent ni Christelle ne viennent du monde agricole, la question de reprendre l’activité de la ferme ne se pose donc même pas. Celle de faire des chambres d’hôtes, si. « Mais c’était une grande tendance à ce moment-là et le côté saisonnier nous déplaisait. » C’est là que l’histoire se singularise. « On ne voulait pas profiter du territoire, mais en devenir acteurs. D’une certaine manière, on voulait rendre la monnaie de ce que la région nous offrait comme cadre de vie. » Tandis que Laurent trouve un emploi à Tavers (45), Christelle prend possession du lieu : elle rénove la bâtisse, crée son potager, élève quelques poules…
Boutique, maraîchage, élevage
Petit à petit naît un projet de boutique à la ferme qui vendrait les produits locaux. « Le territoire est extrêmement riche, mais son étendue ne facilite pas l’approvisionnement à la ferme. D’où cette boutique pour centraliser les produits et faciliter le quotidien des habitants. » Légumes frais et secs, pâtes, huiles, farines, conserves… Les produits d’une vingtaine de producteurs situés à 60 km maximum de la ferme trouvent place dans la boutique dès son ouverture, en octobre 2024. Ainsi que les propres denrées de Christelle… Car la quadragénaire a les pieds sur terre et une conscience certaine des limites de la mono-activité.
Les œufs de la boutique proviennent de son petit cheptel de poules ravies de s’ébattre sur 3 000 m² en plein air. Son potager devient aussi un pan de l’activité. « Je ne m’affirme pas maraîchère car je n’aurai jamais une production suffisante ni suffisamment variée, mais je vais développer ce que je sais faire en complément des légumes des maraîchers. »
Conserverie et biscuiterie artisanale
Et puis, il y a toute sa gamme de conserves et biscuits artisanaux. Dans un objectif d’autonomie alimentaire, renforcé par les pénuries du confinement de 2020, Christelle fabrique elle-même nombre des produits consommés par la famille.
Estampillés Atelier de Monchaud, les douceurs sucrées (avec moins de 50 % de sucre par kilo de fruit, Christelle n’a pas le droit d’utiliser l’appellation de confiture), la moutarde, les biscuits secs, babas ou crêpes au rhum en conserve s’invitent sur les rayonnages de la boutique. À terme, Christelle souhaite aménager un laboratoire artisanal professionnel à la ferme.
Loin d’être figée à l’année, la production varie en fonction des saisons et des souhaits de la cuisinière : « Même avec les confitures, j’ai envie de faire retrouver aux gens la notion de produits de saison. Parce qu’elles sont peu sucrées, mes douceurs fruitées se conservent moins longtemps que les confitures traditionnelles. Ça permet aux consommateurs de s’adapter aux fruits de saison. »
Salon de thé
À l’opposé d’une supérette impersonnelle, Christelle a aménagé sa boutique dans une pièce de 60 m² aux airs de grande salle à manger. « Le fil conducteur de ce projet, c’est la convivialité. Dès le départ, la boutique s’est doublée d’un petit salon de thé sans prétention pour inviter les clients à s’asseoir quelques minutes, histoire de papoter autour d’une boisson en croquant un biscuit. » D’une petite capacité, il s’étend à l’extérieur à la belle saison, du 15 mai au 15 septembre, et propose les consommations d’une licence III (vin, bière, cidre…). Au-delà des horaires d’ouverture de la boutique, le salon de thé extérieur accueille les visiteurs le dimanche, de 15 h à 18 h. « Cette terrasse, c’est une façon d’offrir un bout de notre cadre de vie aux gens, de leur offrir un petit peu de quiétude dans leur journée. »
Alice Enaudeau







