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Initiation aux échecs

Saint-Aignan
16 février 2026
Temps de lecture : 4 minutes

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Initiation aux échecs
À l’école, on apprend aussi à jouer aux échecs.

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echecs.saintaignan41@gmail.com
latourstaignan.wixsite.com/clubechecs

Concentration, vision dans l’espace, logique, rigueur, anticipation, respect de l’adversaire… Cette liste non exhaustive des vertus du jeu d’échecs témoigne, à elle seule, de son bien-fondé en milieu scolaire. D’où l’idée du cercle d’échecs La Tour de Saint-Aignan de venir initier les élèves en classe. Depuis quatre ans, cinq bénévoles retraités se relaient chaque semaine auprès des élèves, du CM1 à la 6e. « On avait envie de partager notre passion, d’enseigner les échecs, de renouveler le public de notre club et de transmettre les vertus de ce jeu aux plus jeunes », résume Camille Convers, secrétaire. Démarrée avec deux classes, l’initiation concerne désormais dix classes dans cinq communes1. « Les enfants sont très demandeurs, ils apprennent à oser, à accepter de se tromper », observe Sophie Roger, enseignante à Pouillé. L’apprentissage, devenu projet scolaire intercommunal, se conclut chaque fin d’année par un tournoi interclasses. Rendez-vous est déjà donné le 30 juin à Saint-Aignan. Alice Enaudeau


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Les échecs se font une place à l’école

Depuis 2022, le cercle d’échecs La Tour de Saint-Aignan intervient dans les écoles de la vallée du Cher pour initier les élèves aux échecs. Une façon, pour les joueurs, de transmettre leur passion mais aussi de faire profiter les élèves des multiples qualités de ce jeu.

Ce jeudi après-midi, l’ambiance n’est ni au français ni aux maths à l’école élémentaire de Pouillé. C’est vers un plateau d’échecs aimanté au tableau que convergent tous les regards des élèves de CE2-CM1 de la classe de Sophie Roger. Camille Convers, Yves Coquelet et Jean-Lucien Chanoine, membres du cercle La Tour de Saint-Aignan y interviennent pour la deuxième semaine consécutive. Pendant six séances, ils viennent initier les élèves au jeu d’échecs durant une heure quinze- une heure trente. Démarrée par un jeu de questions-réponses

pour vérifier les acquis de la semaine précédente, la séance se poursuit rapidement par la pratique. Les élèves se répartissent en binômes et se plongent dans les parties. « Il faut que ce soit ludique, précise Camille Convers, secrétaire du club d’échecs. Au terme des séances, les enfants pourront jouer aux échecs mais ne sauront pas réellement jouer. On leur donne les bases pour leur donner envie d’aller plus loin. »
Ce n’est, en effet, certainement pas en quelques séances que les enfants de huit ou neuf ans maîtriseront la discipline mais pour l’heure, ils prennent du plaisir à avancer leurs pions sur les échiquiers. « J’ai été très surprise par leur concentration la première fois que le club est intervenu, confie Sophie Roger. C’est un jeu qui demande beaucoup de réflexion et ils sont très demandeurs. »

Un projet interclasse

Lancée pour partager leur passion commune et renouveler le public du club, l’idée des joueurs de La Tour de Saint-Aignan a vite séduit les enseignants qui se sont passés le mot. Démarrées dans deux ou trois classes en 2022, les initiations concernent, cette année, dix classes, du CM1 à la 6e, sur cinq communes de la vallée du Cher (Châtillon-sur-Cher, Noyers-sur-Cher, Pouillé, Saint-Aignan et Thésée). Proposée par le club d’échecs, l’initiation a pris l’ampleur d’un projet pédagogique intercommunal avec réunions d’harmonisation

entre collègues et, surtout, le tournoi final en juin entre toutes les classes initiées. L’enseignante de CM1, qui ne pratique pas elle-même la discipline, a tout de suite observé les bénéfices pour les élèves : « C’est un jeu qui demande beaucoup de réflexion, de respecter des règles et un adversaire, qui travaille la notion d’engagement, d’oser faire, d’acceptation de l’erreur, d’attendre son tour… »

Class’Echecs, un dispositif pour les enseignants

Autant d’atouts qui ont mené à l’introduction du jeu d’échecs à l’école en 2011. Dans une circulaire du 12 janvier 2012, Jean-Michel Blanquer, alors directeur général de l’enseignement scolaire, indiquait : « La pratique du jeu d’échecs conduit à développer des compétences mobilisant logique, stratégie, rigueur, concentration, mémoire et capacité d’abstraction, qui sont toutes des facteurs de réussite. Il convient d’ajouter certains bienfaits observés sur les apprentissages et en particulier sur l’apprentissage de la citoyenneté, par le respect des règles et d’autrui. »

Capacités de mémorisation et d’anticipation des élèves, repérage spatial sur l’échiquier ont été autant d’arguments pour intégrer les échecs à l’école élémentaire. Devenu ministre de l’Éducation nationale (de 2017 à 2022), Jean-Michel Blanquer a ainsi lancé, en 2022, le dispositif Class’Echecs, une boîte à outils destinée aux professeurs des écoles souhaitant initier leurs élèves.

Apprendre pour progresser

Penchés sur leur échiquier, Soan et Dryss, 10 ans, se livrent une bataille serrée. Ce qu’ils apprécient dans ce jeu ? Pour Soan, « la patience, il faut jouer, écouter, trouver des stratégies. » Dryss se montre un peu plus combatif : « Manger les pions des autres, c’est ça qui est bien ! »
Séduite par ce jeu qu’elle a découvert à l’école, Gabrielle a même reçu un jeu d’échecs à son anniversaire : « J’essaye d’apprendre à jouer à mes parents », sourit-elle, tandis que Léna annonce fièrement jouer à la maison contre son frère de 16 ans.

Plus loin, à Katarina qui n’arrive pas à se décider à bouger un pion, Sophie Roger dit doucement : « Tu as peur de quoi ? Tu vas progresser pour la prochaine fois. Et c’est en perdant qu’on apprend. »
Probablement le meilleur argument à avancer à ces joueurs en herbe.
Alice Enaudeau

Photos : CD 41/Cyril Ananiguian

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