
Fréquentée par 2 047 familles par an (+ 40 % depuis 2022), l’épicerie sociale et solidaire1 La Passerelle propose des produits alimentaires (dont une large gamme de fruits et légumes locaux et bio), d’hygiène et de puériculture aux usagers orientés par leurs référents sociaux. Les clients participent au montant des achats à hauteur de 10 %, 12 % ou 23 % selon leur statut et leurs revenus. Plus qu’une « épicerie de qualité », selon les termes de sa présidente, Martine Joly, La Passerelle est en passe de devenir un lieu de vie social, depuis qu’elle
a investi ses locaux au 8, boulevard de l’Industrie. Le gain de place a permis d’installer un coin lecture et d’organiser des ateliers cuisine, santé ou vie pratique. Autant de services proposés grâce à l’investissement de 37 bénévoles qui, de la gestion administrative à l’approvisionnement de l’épicerie, assurent le fonctionnement de cette association solidaire, en complément des trois salariés. Alice Enaudeau
1. L’association a reçu une subvention de fonctionnement de 63 000 euros du conseil départemental en 2025.
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Depuis plus de 20 ans, l’épicerie sociale et Solidaire La Passerelle accueille des usagers envoyés par leurs prescripteurs sociaux. A mi-chemin entre l’association caritative et l’épicerie traditionnelle, La Passerelle permet aux familles en difficulté de faire leurs achats grâce à l’engagement de près de 40 bénévoles.
Ce mercredi après-midi, quelques usagers patientent dans le grand espace d’accueil de La Passerelle en attendant leur tour pour pénétrer dans l’épicerie. Des chaises disposées autour de tables rondes invitent à s’installer confortablement. Des affiches égayent les murs et un coin lecture a été aménagé en partenariat avec la Bibliothèque départementale de prêt.
Dans les vastes locaux qu’elle a investis boulevard de l’Industrie en avril 2024, grâce au soutien du conseil départemental et du CIAS, l’épicerie sociale

et solidaire La Passerelle a pris ses aises pour améliorer l’accueil des usagers entre leur enregistrement et l’accès à l’épicerie. Cette dernière ne peut en effet pas accueillir plus de deux ou trois usagers en même temps car chaque panier finalisé est « pesé » par un bénévole afin de vérifier que son contenant correspond au montant défini lors de l’enregistrement de l’usager à son arrivée ; les prix des produits étant indiqués par des points et non par des euros. Contrairement aux associations caritatives qui délivrent des colis alimentaires gratuits, sur présentation de justificatifs, les usagers de l’épicerie sociale règlent en effet une partie de leurs achats (12 % ou 23 %) en fonction de leurs revenus. Ce taux est de 10 % pour les étudiants. Surtout, l’épicerie n’est ouverte qu’aux usagers disposant de la prescription d’un référent social. Lequel détermine le montant du panier dont dispose l’usager, en fonction de la composition de sa famille, pour 15 jours, renouvelable pendant trois mois.
Soutenir l’autonomie budgétaire des usagers
La Passerelle est née en 1999 du regroupement de plusieurs associations caritatives (Croix Rouge française, Entraide protestante, Famille blésoise, Secours catholique, Société Saint-Vincent-de-Paul, Centre intercommunal d’action sociale). « L’idée était de se regrouper plutôt que chacun distribue son colis dans son coin », rappelle Martine Joly, présidente de l’épicerie sociale et solidaire depuis 2011. Désormais indépendante de ses tutelles fondatrices, La Passerelle travaille en étroite collaboration avec le Conseil départemental via les Maisons départementales de cohésion sociales (MDCS) et le CIAS, les deux plus importantes structures prescriptrices, pour « faciliter l’autonomisation de la personne plutôt que la mettre dans une situation d’assistanat », insiste Martine Joly. Mis en place début février 2026, les Contrats d’Orientation Passerelle allouent ainsi une somme trimestrielle forfaitaire aux usagers que ces derniers sont libres d’utiliser à leur rythme à La Passerelle. « L’objectif est vraiment d’accompagner les personnes dans la gestion de leur budget », poursuit la présidente.
Favoriser l’accès aux produits bio et locaux

Plus qu’une association caritative, Martine Joly définit La Passerelle comme une épicerie « où les usagers peuvent avoir le meilleur accueil et la meilleure qualité de produit ». D’où l’accès à des produits alimentaires et d’hygiène variés avec un accent mis sur les fruits et légumes locaux et biologiques, grâce au partenariat avec l’association Parmentier. Les vastes locaux permettent aussi de développer des ateliers cuisine, santé, bien-être pour les usagers afin de faire de La Passerelle « un véritable lieu de vie social ».
37 bénévoles, soit 11 ETP
Si La Passerelle a longtemps fonctionné avec un seul salarié au poste de magasinier, l’augmentation de la fréquentation, 2 047 familles, soit 4 800 personnes par an, l’a amenée à étoffer l’effectif. En avril 2025, deux salariés ont ainsi rejoint l’association : une coordinatrice et une chargée d’approvisionnement et de l’épicerie. Pour autant, tout le fonctionnement repose sur les 37 bénévoles (soit 11 ETP) investis à tous les postes (accueil des usagers ou à l’épicerie, gestion administrative ou informatique, communication et animations). De même, toutes les fonctions stratégiques (finances, partenaires, management, approvisionnement, gestion et pilotage de projets…) sont assurées par les bénévoles. Lesquels ne verrait aucun inconvénient à être rejoints par des forces vives ! Avis aux amateurs. Alice Enaudeau

©CD41/L. Alvarez



