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Peintre du quotidien

Blois
17 avril 2024
Temps de lecture : 4 minutes

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Peintre du quotidien
Charles Rousselet dans son atelier. ©CD41/L.Alvarez

Depuis plus de trente ans, Charles Rousselet peint ses toiles au premier étage d’une maison ancienne du quartier de Blois-Vienne, « à la lumière naturelle. » Fils de commerçants à Montoire-sur-le-Loir, Charles a toujours aimé dessiner. À 18 ans, après une année passée aux Beaux-Arts de Bourges, il part à Paris, où il rencontre un artiste qui va changer sa vie : Gilbert Diebold, Prix de Rome. « J’ai tout appris avec lui. » Charles a ensuite été peintre sur porcelaine et a même dessiné des vitraux.
Ses toiles, souvent de grand format, s’inspirent du quotidien. On y croise sa femme en cuisine, son chat, des natures mortes… « Capter la lumière, de jour comme de nuit, fait partie de mes préoccupations. » Puisqu’il aime l’échange et le partage, il anime des ateliers à l’association de loisirs et d’éducation populaire de Blois et à la maison de quartier Blois-Vienne. « On dit que je suis pédagogue », commente-t-il, amusé. « La peinture, c’est un outil de développement personnel ; aujourd’hui, on parlerait de thérapie… »

Charles Rousselet ou l’art de la nuance

En ce jour gris d’hiver, Charles Rousselet nous reçoit dans son atelier, niché en Blois-Vienne : une maison étroite tout en hauteur. « Je l’ai achetée il y a trente ans, j’ai tout refait à l’intérieur. Elle est située au nord, on n’a pas de soleil direct. » C’est là, au premier étage, qu’il peint tous les jours « à la lumière naturelle ».

Son envie d’art remonte à loin. « Mes parents avaient une supérette du côté de Montoire-sur-le-Loir. Enfant, j’empruntais des magazines et je copiais les images. Je ne suis pas devenu artiste, je n’ai jamais cessé de l’être, je crois, j’ai suivi le fil de mon enfance. J’étais un rêveur, toujours dans mes pensées. Mes copains jouaient au foot, je dessinais. »

Une rencontre déterminante

Ses parents acceptent l’idée qu’il entre aux Beaux-Arts de Bourges, mais « ils m’ont coupé les vivres », dit-il. Il part ensuite à Paris. « J’ai dû arrêter l’école, j’étais démuni. Je suis devenu un vagabond, j’ai vécu dans des squats, mais je me suis accroché », se souvient-il.
Une rencontre va changer le cours de sa vie, celle avec Gilbert Diébold, Prix de Rome, qui donnait des cours du soir dans la capitale. « J’ai tout appris avec lui. J’ai retrouvé le plaisir de peindre comme un enfant. » Les deux artistes se côtoient, Gilbert accueille Charles dans son atelier du XVIIIe arrondissement, le nourrit, lui donne des cours particuliers. « Il m’a dit qu’il ne fallait pas mourir pour la peinture, cela m’a marqué. J’ai eu la chance de faire de bonnes rencontres. »

Une occasion se présente alors : devenir peintre sur porcelaine, chez Haviland, à Limoges. « Nous étions des artisans, cela a été très formateur », reconnaît Charles. Il rencontre ensuite sa femme et le couple décide de s’installer à Blois.
Charles Rousselet anime des ateliers à l’association de loisirs et d’éducation populaire (Alep) de Blois et à la maison de quartier Blois-Vienne. « Ça s’est fait progressivement ; je suis aussi entré en galerie. J’ai dessiné des vitraux à l’église Saint-Vincent (Blois), peint un plafond du XVIIIe… L’un de mes derniers beaux chantiers était dans une chapelle à Bléré (37). » 
Sur la transmission, Charles précise : « J’enseigne à des adultes et j’aime bien quand il y a de jeunes gens. C’est un public plus difficile à saisir, je l’accompagne. On dit que je suis pédagogue. Humainement, je m’épanouis dans l’enseignement. »

« Une modernité classique »

« Capter la lumière fait partie de mes préoccupations, c’est passionnant. Il faut prendre le temps. Plus je m’efface, plus le tableau s’écrit. C’est ce qui fait le style. » Le sien, justement, se reconnaît. La lumière y est omniprésente et Charles Rousselet peint souvent le quotidien : sa femme en cuisine ou dans la chambre, un chat alangui à l’extérieur, voire des cavaliers en bord de mer (le couple aime y séjourner aux beaux jours). « Je regarde beaucoup ce qui se passe, les sujets ne se décident pas. L’être humain dans son milieu naturel m’inspire. »
Beaucoup comparent ses toiles à celles de Edward Hopper, célèbre peintre américain. « Je trouve son style plus froid », précise Charles qui revendique, pour ses œuvres à lui, « une modernité classique. Certains de mes clients me disent : ”Vos tableaux nous accompagnent“. Ce ne sont pas des objets de consommation, ce sont des pièces uniques. La peinture, ça n’est pas que peindre ; c’est subtil, c’est l’art de la nuance », ajoute Charles Rousselet.

Anne Sarazin

Visite de l’atelier sur rendez-vous au 06 59 11 23 23 – charles.rousselet41@orange.fr
www.charlesrousselet.com

©CD41/L.Alvarez

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