Le Magazine du Loir-et-Cher

Accueil / À la loupe / Peinture en mouvement

Peinture en mouvement

Blois
12 décembre 2023
Temps de lecture : 4 minutes

Partager l’article

Peinture en mouvement
Nathalie Moizard, artiste peintre. ©CD41/C.Chigot

Immersives, évocatrices, transcendantes… les toiles de l’artiste Nathalie Moizard sont ainsi. Le regard se coule dans sa peinture, l’esprit s’en empare, suscitant l’émergence d’espaces, d’univers d’eau, de sable… propres à chaque observateur. Afin que le public se sente libre dans son interprétation, Nathalie ne titre pas ses œuvres et ne les signe pas non plus. Elle les identifie sous un simple numéro. « Je trouve plus important que chacun se les approprie. J’invite toujours mes clients à les retourner pour trouver leur propre positionnement, celui qui correspondra à ce qu’ils voient à travers ma peinture. Apposer ma signature bloquerait ce mouvement. » Mouvement, un autre mot qui désigne sa peinture. Celui de la respiration des vagues, du ruissellement de l’eau qui, parfois, devient brume, nuage, ciel. Ses tons : le bleu, le gris, le noir, le vert, le blanc… jamais le rouge. « Je ne sais pas pourquoi, mais c’est impossible. » Chaque tableau commence par une couleur posée sur la toile, travaillée à la raclette jusqu’à ce qu’il se passe quelque chose. Jusqu’à la fusion !


Poursuivez votre lecture

« Peindre m’a donné une liberté. »

Les toiles de Nathalie Moizard parlent au cœur. Artiste peintre, elle est aussi une passeuse d’émotions fortes. Chacun voit dans sa peinture ce qu’il veut y voir : des vagues bouillonnantes, l’eau qui s’écoule, la brume qui s’élève et même un ailleurs interstellaire. 

« Comme une deuxième peau. Quelque chose d’indispensable. » C’est ainsi que Nathalie Moizard parle de son besoin de peindre. Tout commence il y a maintenant six ans. « Un jour, j’ai pris un pinceau, une toile… J’ai commencé comme cela, sans raison précise qui explique mon geste. » Comme technique, elle choisit l’acrylique. « Je les ai toutes testées et maintenant, je ne peins qu’à l’huile. On peut obtenir plein de rendus, gratter, superposer les épaisseurs… Seule contrainte, un temps de séchage long. » Abandonné aussi le pinceau, l’artiste travaille désormais à la raclette en caoutchouc souple. « Je peux tout faire avec, structurer des épaisseurs, les lignes, les couches… »

Alors qu’elle peignait un tableau tous les deux ou trois mois, il y a trois ans, le besoin de peindre s’est fait plus vif. « J’avais besoin de respirer, de me reconstruire. » Pendant une année, elle se consacre alors exclusivement à la peinture. « Je peignais de 7 h 30 à 23 h. Une révélation, un plaisir éprouvé difficile à exprimer, c’était dingue et, depuis, je ne peux plus m’arrêter ! C’est comme si j’avais cette nécessité enfouie en moi et qu’elle s’exprimait d’un seul coup. »  Au point de peindre même la nuit !

Un atelier de poche

Tout un rituel précède le moment où Nathalie s’isole dans son atelier de poche à Blois. « J’enfile mon jean, mon tee-shirt, je choisis ma musique et je me mets pieds nus. Je suis obligée pour m’ancrer au sol, car la peinture m’emporte loin. » Les heures s’écoulent alors jusqu’à parfois aux premières lueurs de l’aube. « Peindre m’a donné une liberté », dit-elle. Nathalie travaille « à partir de rien », pas de photo inspiratrice, rien. Sauf une couleur qu’elle étale sur l’ensemble de la toile, son premier geste. Toujours sur des grands formats, jamais en dessous de 80 cm X 100 cm. La plus grande peinte à ce jour trône dans son salon. Ses dimensions ? 140 cm X 110 cm. « Dans un futur proche, je veux faire du 2 mètres, du 3 mètres… »

Les expositions(1) lui donnent l’occasion de rencontrer son public. « Des personnes toujours bonnes et bienveillantes », dit-elle. « Et ce qui est très agréable, c’est de voir les émotions que mes peintures procurent. » Nathalie ne travaille pas sur commande. « J’ai fait un essai, mais cela ne me convient pas ; les exigences d’une commande brident, en quelque sorte, la créativité. Il est difficile de transcrire la vision de quelqu’un d’autre, de ce qu’il a dans la tête. J’avais donc prévenu ma cliente que j’allais faire ce tableau guidée par mon seul ressenti, en lui laissant toute liberté de prendre cette toile ou ne pas la prendre. » Totalement séduite par le résultat, l’intéressée a accepté ce tableau « et en est toujours fort ravie à ce jour. »

(1) – À Blois, à Fleur de Loire fin 2022 et à l’Hôte bureau au printemps 2023 ou à Candé-sur-Beuvron, à l’auberge de La Caillère à Candé-sur-Beuvron de façon permanente, entre autres.

Capucine Beauchamp

06 59 65 78 97 – nathaliemoizard.fr
Instagram

Partagez l’article

Continuer votre lecture