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Un Esat en pleine nature

Pontlevoy
15 avril 2026
Temps de lecture : 4 minutes

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Un Esat en pleine nature

Sis dans une ancienne ferme du XIXe siècle, le Domaine de Saint-Gilles est un établissement médico-social hors norme. Sur 25 hectares, le site abrite un ESAT (établissement et service d’accompagnement par le travail), un foyer d’accueil, un service d’accompagnement à la vie sociale et un chantier d’insertion. Outre son pôle d’entretien d’espaces verts, l’ESAT est réputé pour son activité de maraîchage biologique et son atelier d’infusions confectionnées à partir des plantes aromatiques récoltées sur place. Mais c’est oublier

les ruches, les chênes truffiers et l’hectare de vigne qui produit du raisin de table… Ces activités plus anecdotiques illustrent l’esprit qui règne ici, où tout est prétexte à ouvrir les usagers à la nature environnante. « Son implantation en milieu rural et le fait que la qualité environnementale soit au coeur de ses activités en fait un établissement atypique », souligne Stéphane Jouhanneau, son directeur depuis juillet 2023. Il connaît bien le secteur pour y évoluer depuis le début de sa carrière. Alice Enaudeau


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Le Domaine de Saint-Gilles, un domaine médico-social à part

Apparues dans les épiceries fines à partir de 2015, les infusions du Domaine de Saint-Gilles ont fait la réputation de l’esat de Pontlevoy. Mais derrière ce produit phare se cache un établissement médico-social à plusieurs branches entièrement tourné vers le bien-être de ses usagers.

Qui ne connaît pas les Plantes du Domaine de Saint-Gilles ? Ces infusions présentées dans leurs élégantes boîtes colorées sont désormais vendues dans une centaine de boutiques en France. Ce produit devenu vitrine a été imaginé en 2015 pour développer une activité économique plus adaptée aux usagers vieillissants de l’esat. Créé en 1994 sur une ancienne ferme du XIXe siècle, l’esat de Pontlevoy était en effet organisé autour de deux activités : l’entretien d’espaces verts et le maraîchage biologique, des activités professionnelles usantes en fin de carrière. Une 3e activité a donc été mise en place avec un atelier où les ouvriers et ouvrières, assis et à l’abri des intempéries, trient les fleurs, les mettent en sachets puis en boîte. Car le bien-être des personnes accompagnées est ici primordial. Monitrice responsable de l’atelier, Florence Garnier réfléchit à deux fois avant de créer un nouveau parfum. « Je fais avec ce dont nous disposons naturellement sur cet immense domaine car je sais combien il est fatigant de semer, cultiver, tirer des lignes d’arrosage… Nous disposons d’une telle richesse de plantes sauvages, autant nous en servir ! » C’est ainsi qu’est né le thé Subtili’Thé sans théine car à base de feuilles de ronce à large disposition sur ce site de 25 hectares.

« La première de nos préoccupations, c’est l’Homme »

Il n’est alors pas surprenant de découvrir cette déclaration commune de l’équipe des professionnels du Domaine de Saint-Gilles sur le site des Espaces d’Avenir, l’association qui le porte : « Comme toute entreprise, les esat sont astreints à devoir couvrir par les produits de l’activité, les charges de salaire, les frais liés à l’activité, l’entretien et la conservation du patrimoine de production, le développement commercial… Mais le Domaine de Saint-Gilles n’est pas une entreprise ordinaire car la première des préoccupations c’est

l’Homme et non le capital de l’entreprise. » Ainsi, outre le souci du bien-être des usagers, l’atelier infusions a permis de créer une activité « qui a du sens car elle couvre toute la chaîne, depuis la culture des plantes jusqu’à la commercialisation avec la vente à la boutique du domaine », explique Stéphane Jouhanneau, directeur depuis juillet 2023. En 2021, un chantier d’insertion a d’ailleurs vu le jour sur le domaine avec une quinzaine de salariés qui s’occupent désormais de toute la partie culture des plantes tandis que l’esat a en charge l’atelier. Des activités complémentaires pour des populations différentes dont le point commun est l’insertion.

Insertion par le logement

Et d’insertion, il est encore question avec le programme de 17 logements sociaux en train de sortir du sol de l’autre côté de la route de Thenay juste en face de l’ancienne ferme. Le domaine, via un animateur dédié, aura en charge la gestion de sept logements dédiés à de l’habitat inclusif. Les futurs locataires, en situation de handicap, signeront ainsi un projet de vie partagé les engageant à vivre au plus près de la cité et à prendre part à la vie locale. Une nouvelle pierre à cet édifice médico-social complet qui abrite déjà un foyer d’hébergement pour 20 personnes en situation de handicap et un service d’accompagnement à la vie sociale (SAVS) pour 15 personnes à domicile.

Développer la vente directe

Installé sur un immense site, le domaine se prête par ailleurs à diverses expérimentations. C’est ainsi qu’a été testé et perdure un hectare de vignes, cultivé par les usagers, et qu’un rucher a pris place, géré par un apiculteur indépendant avec les usagers. Des produits qui enrichissent l’offre de légumes produits par le pôle maraîcher et que Stéphane Jouhanneau souhaite davantage valoriser par la vente directe. Car certes, le domaine dispose d’une petite boutique tenue par des usagers, mais sa fréquentation reste confidentielle.
D’où l’idée de proposer deux nouveaux points de vente à partir du mois de mars : sur le parking de la pharmacie de Pontlevoy le mercredi toute la journée et à la fromagerie Moreau, à Pontlevoy, le vendredi matin. Une autre manière pour les usagers de trouver leur place dans la cité. Alice Enaudeau

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