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Vignes agroécologiques

Saint-Georges-sur-Cher
13 décembre 2022
Temps de lecture : 3 minutes

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Vignes agroécologiques
Hermine, vigneronne enthousiaste. ©CD41/C. Chigot

Il en faut du courage pour repartir de zéro sur un domaine tombé en friche pendant plusieurs années. Mais ce n’est pas vraiment ce qui manque à Hermine de Clermont Tonnerre. En 2019, diplômes d’agronomie et d’œnologie en poche, la vigneronne d’à peine 30 ans reprend le domaine de 13 ha que ses parents avaient exploité entre 2004 et 2014. Passée par le Bordelais, la Champagne et la Provence, la jeune femme avait un joli parcours derrière elle, mais pas question pour autant de se reposer sur ses acquis au Clos du Porteau. Sur ce domaine converti en bio depuis 2011, elle veut réimplanter un écosystème favorable à la vigne : parcelles arborées, semis de féverole et d’avoine entre les rangs, introduction d’une ruche et de moutons. « La viticulture, c’est le seul métier où le travail du sol joue sur le produit final. Chaque geste a un impact, et ça, c’est génial ! » affirme-t-elle, débordante d’enthousiasme. Son projet d’agroforesterie en cours, elle cherche maintenant un salarié sur qui s’appuyer pour pousser le domaine en biodynamie.
À bon entendeur !


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Le Clos du Porteau, domaine viticole prometteur

Au Clos du Porteau, Hermine de Clermont Tonnerre redonne vie à un domaine viticole tombé en friche. Dans un village où dominent quelques grandes maisons conventionnelles, elle assume la taille modeste de son domaine sur lequel elle entend produire des vins de terroir sans artifice.

« On fait du vin au Clos du Porteau depuis le XIVe siècle ! Et en deux cents ans, il n’y a jamais eu de grêle dans l’histoire du domaine. Il y a du vin à faire, alors on fera du vin ici ! » Peu importe que les 13 hectares du domaine de Saint-Georges-sur-Cher aient été laissés en friche pendant cinq ans. Au contraire, pour Hermine de Clermont Tonnerre, 31 ans et de l’énergie à revendre, c’est l’occasion de repartir à zéro et d’observer les bienfaits de la nature sur la vigne.

Un travail agronomique exigeant

Car ce domaine, où elle s’est installée en 2019, elle entend le mener bien loin des codes de la viticulture traditionnelle. Fine observatrice du sol et de ses spécificités, l’ingénieure agronome et œnologue est férue de technique agronomique. « Chaque geste a un impact sur le produit final. La viticulture, c’est le seul métier où le travail du sol joue sur le produit final », assure-t-elle, les yeux pétillants. Pour Hermine de Clermont Tonnerre, la technique agronomique consiste avant tout à maintenir un équilibre judicieux au sein de l’écosystème ambiant. Loin d’afficher des vignes à perte de vue, le Clos du Porteau, converti en agriculture biologique depuis 2011, est organisé en quatre parcelles entourées d’arbres savamment plantés et entretenus aux multiples bienfaits : coupe-vent, refuge pour les prédateurs d’insectes ravageurs, obstacle à la diffusion des maladies… Sur l’argile à silex, Hermine valorise les variétés dédiées à attirer les oiseaux, sur le sable, elle en privilégie des peu exigeantes pour ne pas concurrencer la vigne, sur l’argile battant, priorité est donnée aux variétés facilitant le drainage souterrain. « L’objectif, c’est de travailler avec des environnements propres », explique Hermine, qui cite Rudolf Steiner, inspirateur de l’agriculteur biologique puis des théories permacoles qui consistent à limiter l’action de l’Homme sur les cultures.

Engrais verts et moutons

La jeune vigneronne teste donc de nouvelles pratiques pour améliorer la qualité du sol comme le semis d’engrais verts et d’avoine ou l’introduction de moutons qui viennent paître quelques semaines en fin d’hiver.

Un travail exigeant qui a évidemment pour unique finalité de produire des vins de terroir, originaux, aux typicités marquées et sans soufre ajouté, mais pour autant des vins droits. En guise d’inspiration, Hermine cite les vins traditionnels géorgiens ou encore le vin orange (un vin blanc vinifié comme du vin , avec macération, sa création remonte à l’Antiquité, NDLR). Des vins élaborés avant que la chimie et les techniques modernes ne viennent transformer la viticulture. Et des références prometteuses pour ce domaine en devenir qui, après deux ans d’activité seulement, vend déjà 75 % de sa production aux cavistes et restaurateurs.

Alice Enaudeau

12 rue du Porteau à Saint-Georges-sur-Cher
vignobles-clermont.com – 06 73 53 19 20

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