Le Magazine du Loir-et-Cher

Accueil / Dossier / Aux côtés des familles
Aux côtés des familles

Dossier réalisé par Julie Bind
Photos : Laurent Alvarez, Cyril Ananiguian, Cyril Chigot et Nicolas Derré

Consultation PMI à Blois
Consultation PMI à Blois ©CD41/L.ALVAREZ

La protection de l’enfance — par le biais des dispositifs de l’aide sociale à l’enfance (ASE) — est l’une des compétences principales du conseil départemental.
Le département de Loir-et-Cher accompagne les familles et les futures familles en privilégiant les actions de prévention via un spectre d’aides variées et adaptées à chaque situation.
Il soutient également les familles dans leur parentalité, notamment en renforçant la présence de la protection maternelle et infantile (PMI) sur le territoire. La collectivité prend en considération la parole des jeunes confiés à l’ASE via le club de la parole pour nourrir sa politique et détecte les situations de danger ou de risque de danger. Elle accompagne également les professionnels dans leur travail délicat et essentiel auprès des plus fragiles, valorise et promeut les familles d’accueil (devenues des assistants familiaux, NDLR) et diversifie les modes d’accueil des jeunes confiés. Aujourd’hui, les multiples actions du département sont en évolution permanente afin d’assurer son indispensable mission au plus près des réalités du terrain.

Trois questions à Florence Doucet, vice-présidente du conseil départemental chargée de la solidarité liée à l’action sociale, à la famille et à la protection de l’enfance.

Florence Doucet, vice-présidente du conseil départemental
Florence Doucet, vice-présidente du conseil départemental ©CD41/N.DERRÉ

Florence Doucet : La politique « enfance-famille » est une prérogative essentielle du conseil départemental, car elle contribue à la prise en charge et à l’accompagnement, dès le plus jeune âge, des personnes qui formeront la société de demain. Les trois mots qui me viennent à l’esprit sont les suivants : prévention, car c’est en agissant le plus précocement possible que l’action publique peut réduire les risques de précarité et de difficulté dans le développement de l’enfant ; coordination de multiples acteurs publics, privés et associatifs, qui ont la capacité à se mobiliser pour offrir le meilleur aux personnes accompagnées ; implication, car après plusieurs années en tant qu’élue référente sur cette politique, je mesure au quotidien le profond investissement des agents du département.

F. D. : La cellule de recueil des informations préoccupantes (Crip) est un maillon essentiel de la politique de la protection de l’enfance, dans la mesure où tous les signalements qui lui sont transmis sont analysés, puis qualifiés pour une intervention des services du conseil départemental ou du parquet. La particularité de notre Crip est qu’elle assure également le traitement des informations concernant les adultes.

F. D. : Oui, c’est un sujet primordial pour les Loir-et-Chériens. L’objectif de ce schéma est de placer le public au centre de l’action des solidarités. Ainsi, le coeur même du schéma réside dans le fait de ne pas morceler les prises en charge et d’avoir une approche globale du public. Les différents champs des politiques publiques s’activeront autour de l’usager, et plus l’inverse. L’élaboration de ce schéma est le fruit d’un énorme travail collectif de tous les acteurs de la solidarité, bien sûr, mais aussi des Loir-et-Chériens sur le terrain. À terme, la vie des usagers sera facilitée ; nous aurons l’occasion de reparler de ce sujet.


La PMI, au plus près des familles

Bilan en école maternelle
Bilan en école maternelle ©CD41/L.ALVAREZ

La PMI (protection maternelle et infantile) est une compétence du conseil départemental. Partout sur le territoire, elle regroupe des professionnels dédiés à l’accompagnement des futurs parents, parents et enfants, autour de la santé et de la parentalité : infirmièrespuéricultrices, sages-femmes, médecins, personnel administratif, travailleurs sociaux, etc. La PMI gère les agréments des assistantes maternelles, assure le suivi des crèches, recueille des données de santé publique, édite les carnets de santé distribués en maternité, réalise des bilans de santé en école maternelle, reçoit en consultation des enfants de moins de 6 ans, propose un suivi par des sages-femmes, des puéricultrices…

À l’école maternelle

Entre 3 et 4 ans, les enfants sont à une période clé de leur développement où il est important de dépister d’éventuelles difficultés ou retards et de proposer les orientations nécessaires afin que ces problèmes n’affectent pas leur santé, leurs apprentissages ou leur future vie dans la société.
En 2022, 2 544 élèves de petite ou de moyenne section ont ainsi été reçus pour un bilan à l’école maternelle par des professionnels de la PMI — puéricultrices, infirmières, médecins — en lien avec l’équipe enseignante.

Mode d’emploi

Les parents sont toujours informés en amont. Ils reçoivent un dépliant expliquant le bilan et un questionnaire à remplir sur les habitudes de vie de leur enfant. Le jour du bilan, ils apportent le carnet de santé, un flacon d’urine et le questionnaire rempli.
Ce dépistage dure entre vingt et trente minutes. Le bilan est présenté de façon ludique pour l’enfant, à l’aide d’une peluche et d’un support visuel. Il permet d’évaluer sa vision, son audition, son langage, son développement psychomoteur (graphisme, motricité…) et son adaptation à la vie en collectivité. L’enfant est pesé, mesuré, son indice de masse corporelle (IMC) calculé, sa tension prise, ses dents contrôlées, ses urines analysées.
À l’issue de ce dépistage assez large, le carnet de santé est complété, les courbes de croissance tracées, les vaccinations obligatoires vérifiées. Un résumé du bilan fait part aux parents des constatations ; si besoin, des propositions d’orientation vers divers professionnels (ophtalmologue, dentiste, puéricultrice et médecin de PMI…) leur sont faites. Plus vite un éventuel souci est détecté, moins l’enfant se retrouve en difficulté.


Accompagner la parentalité

Puéricultrices, médecins et sages-femmes de la PMI veillent au bon développement des enfants et au soutien des familles.

Consultation PMI à Blois, novembre 2023
Consultation PMI à Blois, novembre 2023 ©CD41/L.ALVAREZ

Les consultations de jeunes enfants

Le service de PMI propose aux parents de réaliser des consultations de suivi pour leurs enfants de moins de 6 ans. En 2022, 3 164 consultations concernant 1 375 enfants ont été réalisées dans ce cadre. Ces dernières, d’une heure, sont divisées en deux parties : la première demi-heure est consacrée à un entretien avec une puéricultrice, qui va également observer l’enfant et prendre ses mensurations (poids, taille, périmètre crânien). La discussion concerne sa vie quotidienne (alimentation, sommeil, rythme, développement psychomoteur, évolution, gestion des pleurs, contexte familial) et sera l’occasion de donner quelques conseils de prévention (bébé secoué, écrans, tabac, animaux…) et de répondre aux questions des parents (modes de garde, allaitement maternel…).
Pendant la demi-heure suivante, le médecin, informé devant la famille par la puériculture de ses observations, examine l’enfant, le vaccine si c’était prévu, répond aux questions des parents, oriente si nécessaire vers d’autres professionnels, apporte des conseils complémentaires et réalise de la prévention autour de la santé, de l’alimentation, etc.
Le but de ces consultations de suivi est d’apporter aux familles un bilan complet et de se donner le temps de faire de la prévention.
Ces rendez-vous, qui permettent de suivre le développement de l’enfant sur plusieurs années, ont actuellement lieu en 17 endroits du département. Pour connaître le lieu de consultation près de chez vous, renseignez-vous auprès des maisons départementales de cohésion sociale (MDCS), en attendant le numéro de téléphone unique qui sera mis en place courant janvier et largement communiqué.

MDCS Blois-agglomération : 02 54 51 32 32
MDCS Nord-Loire Pays de Chambord : 02 54 55 82 82
MDCS Romorantin-Lanthenay : 02 54 95 17 80
MDCS Sud Loire : 02 54 79 74 00
MDCS Vendôme : 02 54 73 43 43
(À savoir, jusqu’au 22 décembre, les MDCS seront fermées le matin.)


L’aide sociale à l’enfance

Les services départementaux de l’aide sociale à l’enfance (ASE) mettent en oeuvre diverses actions dans le cadre de la protection de l’enfance à des fins de prévention, de repérage des situations de danger ou de risque de danger, et de protection.

Aurélien Bigot, assistant familial
Aurélien Bigot, assistant familial ©CD41/C.ANANIGUIAN
Isabelle Froment, assistante familiale
Isabelle Froment, assistante familiale ©CD41/C.ANANIGUIAN

Accueillir un enfant et garder son autre emploi : témoignages

Le grand public les appelle « familles d’accueil ». Les assistants familiaux se voient confier par l’aide sociale à l’enfance un ou plusieurs enfants à leur domicile. Ils gèrent leur quotidien, veillent à leur éducation scolaire et à leur développement physique, affectif et psychologique.
Ce métier est ouvert à tous. Pour l’exercer, il faut obtenir un agrément auprès du service de protection maternelle et infantile (PMI) et suivre une formation délivrée et financée par le conseil départemental.
Il est possible d’accueillir un enfant et de travailler à temps partiel, comme Isabelle Froment et Aurélien Bigot.
Isabelle est assistante familiale depuis quinze ans. Au prix d’une rigoureuse organisation, elle travaille également à mi-temps à la direction départementale des finances publiques de Romorantin-Lanthenay. Actuellement, elle accueille Mathéo 1, un adolescent de 14 ans. « J’ai le plus souvent des ados. C’est plus compatible avec le fait que je travaille à l’extérieur. »
De son côté, Aurélien Bigot, assistant familial depuis mars 2023, accueille, depuis le 1er juillet, le jeune Lucas 2, 7 ans, tout en travaillant à 70 % pour la mairie de Vineuil. « J’ai toujours cumulé deux activités. Avant, j’étais entraîneur sportif en plus de mon emploi. »
Isabelle explique : « J’ai toujours aimé le social. Comme mon mari et mes enfants étaient d’accord, j’ai demandé un agrément en plus de mon travail aux impôts. Ça me permet de me rendre utile. »

Une forte adhésion familiale
Accueillir sous son toit des enfants confiés par l’ASE nécessite une forte adhésion familiale. Aurélien confirme : « Ma femme et mes enfants étaient d’accord, alors je me suis lancé. Au lieu de me concentrer sur 25 joueurs de foot, j’avais envie de le faire avec un petit bonhomme qui en a vraiment besoin. Ça me permettait aussi d’être plus à la maison avec ma famille. » Tout n’est pas facile, évidemment. « On les a 24 heures sur 24. Ça impacte la famille, précise Isabelle. Il faut être solide au départ. Nous, on a fait une formation, pas nos conjoints. Il faut que ce soit une vocation, on s’investit beaucoup. »
De son côté, Aurélien, dont c’est le premier accueil, a trouvé son rythme. « J’emmène Lucas le matin au bus, je le récupère tous les soirs. Je suis avec lui tous les mercredis. » L’enfant s’est épanoui après avoir passé une semaine de vacances à la mer avec sa nouvelle famille d’accueil. « Il y a encore parfois des petits couacs, mais il s’adapte très bien. Il faut du temps pour que la rencontre se fasse. » Aurélien attend avec enthousiasme la suite de sa formation : « Je suis pressé, c’est super intéressant. Je suis passionné par ce nouveau métier, c’est concret ! »

info.assistantfamilial@departement41.fr
departement41.fr/ses-missions/solidarites/devenez-famille-daccueil

1. et 2. Par souci de confidentialité, les prénoms ont été changés.


L’assurance tranquille

Les jeunes confiés à l’ASE connaissent des débuts de vie douloureux qu’il leur faut surmonter. Ils peuvent devenir de jeunes adultes brillants aux commandes de leur avenir. Rencontre avec Yassin, 17 ans.

Yassin, élève de terminale
Yassin, élève de terminale ©CD41/C.CHIGOT

Yeux pétillants, sourire généreux, Yassin revient sur son enfance avec une assurance tranquille. Né le 13 février 2006, il est placé en famille d’accueil dès l’âge de 11 mois. « J’étais un enfant un peu hyperactif, bon à l’école, mais avec le sang chaud… » Il a 10 ans quand on le change de famille d’accueil. La rupture n’est pas simple. « Ça a été douloureux. Je n’avais pas envie, je ne comprenais pas pourquoi. Mais je me suis adapté très vite au fonctionnement et aux règles de la deuxième famille. Je me rends compte aujourd’hui que ce n’était pas mal. Ça a fait de moi qui je suis maintenant. C’est mieux aussi pour mon ancienne famille d’accueil, qui a pu se reposer et prendre sa retraite. »
À 10 ans, donc, il arrive chez Valérie et Philippe Dion, à Champigny-en-Beauce. « Ça marque une séparation entre la fin de mon enfance et le tout début de mon adolescence, analyse Yassin. J’ai appris à me calmer grâce à leur éducation, à respecter les règles. J’ai eu de bonnes notes au collège, je suis passé en seconde générale, en première, je suis aujourd’hui en terminale. » Sa scolarité se passe bien, il obtient de bons résultats, a choisi comme spécialités mathématiques et sciences de la vie et de la Terre (SVT), « deux matières que j’aime bien », et a pris option sport et section euro avec maths en anglais.

Contacts avec ses parents

Il a des contacts avec ses parents, un peu plus avec son père, avec lequel il « parle souvent au téléphone ». Tout petit, il avait des rencontres très régulières avec eux. « Je voyais ma mère un week-end sur deux, mon père un week-end par mois. » Vers 13-14 ans, il a demandé à choisir la fréquence de ces rencontres. « Mon référent a été très souple, il a accepté. » Il précise dans un sourire qu’il a récemment changé de référent et que la nouvelle est d’accord également.
Le jeune homme sait précisément ce qu’il veut faire après son année de terminale : devenir fusilier-marin, marin militaire spécialisé. Il est à la fois déterminé et bien informé, il sait qu’il s’agit d’une inscription « hors Parcoursup », qu’il va devoir passer des tests, qu’il existe plusieurs périodes de recrutement. « J’espère pouvoir intégrer l’École de maistrance 1 à la rentrée de septembre », dit-il tranquillement. Sa maturité est manifeste. Comment envisage-t-il le cap de la majorité ? (Voir en page 18.) « C’est une vague de responsabilités qui arrive sur nous. On ne peut qu’appréhender », avoue-t-il, avant d’ajouter : « Nous, on est bien accompagnés par la famille d’accueil et par le conseil départemental .»

Propos recueillis par Julie Bind

1. École de la marine nationale située à Brest (29) et à Saint-Mandrier-sur-Mer (83).


Devenir adulte

Si devenir majeur est une étape importante pour tous, elle l’est plus encore pour les jeunes confiés à l’aide sociale à l’enfance.

La loi impose aux départements d’aider les jeunes confiés à l’ASE (aide sociale à l’enfance) à anticiper cette étape à travers un entretien organisé à leurs 17 ans. Le conseil départemental de Loir-et-Cher souhaite aller plus loin dans cette aide et propose, en reprenant les recommandations de la Cour des comptes, de recevoir les jeunes, à partir de 2024, dès leurs 16 ans pour les aider à préparer cette majorité.
Le jeune sera ainsi reçu à trois reprises par son éducateur référent – une fois à 16 ans et deux fois à 17 ans.

La majorité, un cap à franchir
La majorité, un cap à franchir ©VALERII HONCHARUK


Ces trois rencontres permettront au futur majeur d’être accompagné et d’entamer avec le professionnel une réflexion sur les aides à sa disposition et les possibilités qui s’offrent à lui. L’éducateur cherchera à mesurer avec lui la progression dans son autonomie et l’aidera à percevoir ses fragilités potentielles. Le jeune pourra exprimer ses projections, ses envies ou ses craintes et approfondir ses connaissances sur les démarches administratives auxquelles il sera confronté à sa majorité. Les sujets à évoquer sont vastes. Comment se protège-t-il des principaux risques découlant des réseaux sociaux ? Sait-il prendre un rendez-vous par téléphone ? S’inscrire à la Sécurité sociale ? Ouvrir un compte bancaire ? Quelle autonomie a-t-il acquise dans les transports ?
Grâce à ces trois entretiens, le département donne aux jeunes plus d’atouts pour réussir au mieux leur passage à l’âge adulte.


Enfance en danger

Le président du conseil départemental est chargé par la loi de recueillir, traiter et évaluer les informations préoccupantes concernant les mineurs en danger ou susceptibles de l’être.

L'équipe de la Crip, à Blois
L’équipe de la Crip, à Blois ©CD41/C.ANANIGUIAN

Alerter

La cellule de recueil des informations préoccupantes (Crip) est le dispositif qui permet de centraliser l’ensemble de ces informations afin d’éviter leur déperdition. Elle coordonne également les interventions administratives et judiciaires.
Une information préoccupante est un ensemble de signes observés (violences familiales, détresse psychologique ou sociale, troubles du comportement, carences éducatives, absence de socialisation…) consignés par écrit et adressés au service de la Crip du conseil départemental. Ces éléments sont destinés à alerter sur la situation d’un mineur dont les conditions d’éducation ou le développement (physique, affectif, intellectuel ou social) semblent compromises ou en risque de l’être. Il est possible de transmettre à la Crip une information préoccupante de façon anonyme.

Aider l’enfant et sa famille

La transmission d’une information préoccupante permet d’évaluer la situation de l’enfant et de déterminer les actions de protection et d’aide dont lui et sa famille peuvent bénéficier. Des mesures d’accompagnement éducatif et de soutien à la parentalité peuvent alors être proposées.
À la réception d’une telle information (par mail, courrier, téléphone, sur la plateforme Allô enfance en danger 119), les professionnels de la Crip orientent la prise en charge de l’enfant en fonction de la gravité des éléments exposés. Ils peuvent conseiller les citoyens ou les professionnels détenteurs d’informations laissant craindre qu’un enfant soit en danger. Ils constituent également une interface entre les services chargés d’évaluer les informations préoccupantes, les professionnels du médicosocial et les autorités judiciaires, en particulier le parquet. « Je souhaite que la Crip soit un véritable lieu ressource à la disposition des citoyens et des professionnels afin d’apporter de l’aide aux familles dans l’intérêt supérieur de l’enfant », conclut Anne Péroux, cheffe de ce service.
Numéro de téléphone départemental : 02 54 56 06 96.
Appel également possible à l’accueil du conseil départemental en demandant la Crip : 02 54 58 41 41.


Répondre aux besoins des enfants

Un village d’enfants

Nous assistons à une pénurie d’assistants familiaux (familles d’accueil) et à une augmentation du nombre d’enfants confiés à l’ASE (aide sociale à l’enfance). Le conseil départemental a lancé un appel à projets pour un village d’enfants qui verra le jour sur deux sites (Blois, Vendôme et leur agglomération).
Ce village d’enfants se composera de maisonnées pouvant accueillir cinq à six enfants chacune avec deux éducateurs familiaux et permettra de répondre aux besoins des 0-3 ans, avec ou sans

L'adoption, un projet de vie
L’adoption, un projet de vie ©NASTYA

fratrie, ainsi que des fratries de 0 à 21 ans, avec un accompagnement individualisé de type familial. Ces deux sites pourront accueillir en tout 72 personnes.
Le retour des candidatures de l’appel à projets est attendu pour le mois de janvier et l’ouverture du village d’enfants est prévue, au plus tard, en janvier 2027 dans du bâti neuf. Plusieurs facteurs seront déterminants pour le choix des sites retenus : les accès aux transports, au médical et paramédical, au scolaire, aux crèches et garderies, aux équipements sportifs et culturels.
Ce type de structure offre de nombreux avantages pour les enfants, qui construisent leurs repères auprès des professionnels partageant leur quotidien et deviennent ainsi des figures d’attachement pérennes. L’accompagnement est le plus individualisé possible, le lien fraternel maintenu. Les enfants connaissent les camarades des autres maisons ainsi que les autres professionnels de la structure… Entre souplesse de fonctionnement et personnalisation des besoins des enfants, on comprend pourquoi le conseil départemental a retenu le concept d’un village d’enfants pour pallier le manque de « familles d’accueil ».

Adoption, mode d’emploi

L’adoption est une compétence du conseil départemental dont l’objectif est de donner à chaque enfant juridiquement adoptable une famille capable de répondre à ses besoins.
Toute personne 1 (en couple ou non) désireuse d’adopter un enfant est rencontrée pour obtenir des informations et doit compléter un dossier. La personne s’entretient ensuite à plusieurs reprises avec un travailleur social et un psychologue, lesquels émettent un avis. Une commission d’agrément se réunit et peut soit refuser l’agrément (il est possible de refaire une demande trente mois plus tard), soit l’accorder pour cinq ans. Le président du conseil départemental prend alors un arrêté accompagné d’une notice qui précise les contours du projet (nombre d’enfants, âge, type d’adoption…). Le demandeur doit ensuite se lancer dans des démarches pour concrétiser son projet : se rapprocher d’associations pour une adoption internationale ou des conseils départementaux (celui proche de chez lui ou d’autres plus éloignés) pour adopter un enfant pupille de l’État.
02 54 58 41 91

1. De plus de 26 ans. L’écart d’âge entre le plus jeune adoptant et le plus jeune adopté ne doit pas excéder 50 ans.

Zoom sur l’adoption

Adoption : répondre aux besoins d’un enfant

L’adoption a pour objectif essentiel de donner à chaque enfant adoptable une famille capable de répondre à ses besoins. Les personnes candidates à l’adoption peuvent souhaiter accueillir un enfant pupille de l’État en France et/ou se tourner vers l’adoption internationale.

Quels enfants sont adoptables en France ?
Les enfants dits « pupilles de l’État » sont juridiquement adoptables, ce qui ne signifie pas qu’ils le sont psychiquement et que l’adoption constitue le projet de vie correspondant à leurs besoins. Leur statut constitue une mesure de protection qui peut néanmoins conduire à la création d’une nouvelle filiation.
Il existe cinq cas de figure dans lesquels un enfant est déclaré pupille de l’État : s’il est né sous X (sans filiation établie ou reconnue), s’il a été confié à l’aide sociale à l’enfance (ASE), puis est devenu orphelin, si ses parents ont signé un procès-verbal de remise, s’ils se sont vu retirer totalement l’autorité parentale, si l’ASE dépose une requête en délaissement parental (au bout d’un an sans contact suffisant).
Un enfant pupille de l’État bénéficie d’une prise en charge quotidienne assurée par le conseil départemental, d’un tuteur (le préfet) et d’un conseil de famille. Ensemble, ils assurent l’autorité parentale et prennent des décisions dans son intérêt et dans le respect de ses droits. Une évaluation de ses besoins fondamentaux peut conduire à orienter son projet de vie vers une adoption.

Une famille pour un enfant

Deux possibilités s’offrent alors. Soit l’assistant(e) familial(e) qui accueille l’enfant émet le projet de l’adopter, soit une recherche est effectuée parmi les candidats détenant un agrément en vue d’adoption afin de trouver le foyer le plus à même de répondre aux besoins particuliers de l’enfant en question.
Chaque projet d’adoption est singulier. Quel que soit son âge, un enfant a son histoire et la famille qui l’adopte doit être prête à l’accueillir avec tolérance et respect pour contribuer à son épanouissement.

Quelques chiffres
En Loir-et-Cher, au 31 décembre 2022 :

  • 11 demandes d’agrément déposées
  • 5 dossiers clôturés avant prise de décision, les demandeurs mettant un terme à leur projet en cours de procédure pour diverses raisons (séparation du couple, arrivée d’un enfant biologique…)
  • 10 agréments en cours de validité
  • 34 rendez-vous effectués pour informations préalables au dépôt d’une demande

Moins d’adoptions internationales
L’adoption internationale a considérablement diminué ces dernières années. Dans le monde, les pays se mettent en conformité avec la Convention de La Haye sur la protection et la coopération en matière d’adoption internationale, ce qui signifie que la décision d’une adoption internationale n’intervient que si une solution de vie satisfaisante pour l’enfant n’a pu être trouvée dans son pays d’origine.
Le peu d’enfants proposés aujourd’hui à l’adoption internationale présente en majorité des besoins spécifiques (âgés de 5 ans et plus, en fratrie, avec une pathologie déclarée…).


Entendre la parole des jeunes

Permettre aux enfants placés d’être acteurs de leur parcours en contribuant à l’élaboration de la politique qui les concerne, tel est l’objectif du conseil de vie sociale (CVS).

Réunion du "club de la parole", fin octobre à Blois
Réunion du « club de la parole », fin octobre à Blois ©CD41/T.YOU
Animation lors du dernier CVS, à Blois
Animation lors du dernier CVS, à Blois ©CD41/T.YOU

Créé en octobre 2022, le conseil de vie sociale (CVS) a été rebaptisé, en Loir-et-Cher, « club de la parole » par les jeunes eux-mêmes.
Fruit d’un long travail de réflexion, il permet aux enfants placés de nourrir, par leurs témoignages et leur réflexion, la politique de protection de l’enfance menée par le conseil départemental.
Le CVS émane d’une stratégie nationale, mais peu de départements l’ont mis en place. Le Loir-et-Cher a été parmi les premiers à faire ce choix politique très fort.
Instance de parole citoyenne pour les enfants confiés à l’ASE, la première édition du CVS a réuni, en 2022, 30 jeunes volontaires de tous sexes, de tous âges (de 7 à 27 ans), de tous lieux d’accueil, de tous statuts (placement administratif, judiciaire, pupille de l’État, tiers digne de confiance, tiers bénévole…).

Comment fonctionne le « club de la parole » ?

Les 30 jeunes se retrouvent trois fois par an, le premier lundi matin des vacances scolaires d’automne, d’hiver et de printemps, à l’hôtel du département, à Blois, dans les sièges des conseillers départementaux. Encadrés par des animateurs extérieurs à leur parcours de placement, ils choisissent des thèmes et apportent leurs témoignages, leurs expériences, leurs propositions d’amélioration afin de faire des suggestions au groupe de travail. Celui-ci (appelé comité de pilotage) se réunit fin mai ou début juin sous la présidence de Florence Doucet, vice-présidente du conseil départemental. De jeunes porte-parole viennent s’exprimer sur leurs préconisations pour une meilleure politique de prise en charge de leur accueil. Le comité émet ensuite des avis sur les évolutions à mettre en place sur le terrain.
Le conseil de vie sociale de cette année s’est réuni pour la première fois fin octobre et va approfondir les réflexions menées l’an dernier : comment, en cas de rupture du lieu d’accueil, associer les jeunes à ce changement ? Comment favoriser l’autonomie tout au long du parcours de placement afin que les jeunes disposent de toutes les ressources nécessaires quand ils sortent du dispositif ?
Le « club de la parole » illustre le fort engagement du conseil départemental vers une nouvelle façon de travailler, en nourrissant sa politique de protection de l’enfance avec la parole des jeunes concernés. Un engagement novateur d’ailleurs déjà récompensé au niveau national par l’attribution de deux prix cet automne.

Partagez l’article

Continuer votre lecture