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DES ENTREPRISES REMARQUABLES

Le Loir-et-Cher compte de nombreuses entreprises dans des secteurs variés : industrie, agriculture, tourisme, services, etc. Loir & Cher info a choisi aujourd’hui de mettre l’accent sur des sociétés à haute valeur technologique et sur d’autres évoluant dans l’univers du luxe. Deux mondes éloignés en apparence, mais qui font appel à des experts chacun dans leur domaine. Les 16 entreprises présentées ici font rayonner le département à l’autre bout de la planète, certaines exportant leurs produits ou leur artisanat jusqu’au Japon ou au Moyen-Orient. Présentation de ces « pépites » loir-et-chériennes.

Dossier réalisé par Capucine Beauchamp, Julie Bind, Olivier Durand, Alice Enaudeau, Anne Sarazin et Jean-Luc Vezon
Photos : Laurent Alvarez, Cyril Ananiguian, Cyril Chigot et Nicolas Derré

ADECHOTECH, LEADER MONDIAL

Examen réalisé avec du matériel AdEchoTech. ©CD41/C. CHIGOT

Entreprise naveilloise, AdEchoTech est leader mondial de la robotique médicale appliquée à la télé-échographie. Remarquable pour cette PME pionnière dans son domaine en Vendômois. Après quinze années de recherche et développement, elle a mis sur le marché Melody, la première solution robotisée d’échographie à distance, qui équipe maintenant plus de 50 sites sur trois continents. L’ambition d’AdEchoTech ? « Lutter contre le renoncement aux soins ! Faciliter l’accès à la santé pour les populations isolées en apportant une réponse à la problématique de la désertification médicale », souligne Nicolas Lefebvre, son dirigeant. Sa récente levée de fonds de 4 millions d’euros lui permet d’intensifier son développement commercial en Europe, au Canada et aux États-Unis. « Une vingtaine de commandes sont déjà enregistrées pour 2025. » Cette tendance devrait se renforcer avec le démarrage annoncé de nouveaux projets intégrant l’assistance de l’intelligence artificielle au service du médecin dans son examen.
Capucine Beauchamp
adechotech.fr

AdEchoTech, une entreprise pionnière

Le robot Melody, développé par AdEchoTech, est la première solution robotisée d’échographie à distance. Aujourd’hui, l’échographie est l’examen le plus pratiqué, avant le scanner et l’IRM. « En France, 30 millions d’échographies sont réalisées chaque année », précise Nicolas Lefebvre. « Les premiers publics concernés sont les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées, c’est le premier examen dans le parcours de santé ! »

Une réponse à la désertification médicale
Essentiel pour de nombreuses spécialités médicales, l’accès à cet examen « souffre de la progression des déserts médicaux, comme du déficit de médecins radiologues », complète le dirigeant d’AdEchoTech, entreprise créée par le docteur Éric Lefebvre, lui-même médecin échographiste, toujours en activité.
Melody – la télé-échographie robotisée conçue par AdEchoTech et fabriquée à Romorantin-Lanthenay par Axe Systems et Emka Electronique – permet au médecin spécialiste d’effectuer un examen en temps réel sur un patient installé dans une structure médicale. « Les deux peuvent communiquer ensemble et se voir via un écran, peu importe la distance qui les sépare. Le médecin manœuvre la sonde d’examen dont les mouvements sont reproduits en direct sur le patient via le bras robotisé Melody. » À observer, la démonstration est effectivement bluffante et totalement convaincante !

Une facilité d’utilisation et un outil adapté à tous les lieux
Une formation d’une demi-journée suffit aux médecins et aux paramédicaux pour prendre le contrôle du bras robotisé sur le patient. « Aucune compétence particulière en amont n’est nécessaire pour apprendre à l’utiliser. » Le robot de télé-échographie Melody peut se trouver « dans un hôpital de proximité, dans un Ehpad, mais aussi dans un établissement pénitentiaire ». Une prison ? « Parfaitement. Déplacer un détenu pour un examen coûte de 500 à 3 500 euros par sortie et par détenu. Et cela ne concerne pas les détenus sensibles, à risque ! Ces publics ont droit, eux aussi, aux soins. En faciliter, là aussi, l’accès en réalisant des économies va dans le même sens. »

Accessibilité de coût aussi
Selon Nicolas Lefebvre, « sur deux-tiers du territoire français, il n’y a pas assez de radiologues et il y en a trop sur le tiers restant. Les petits hôpitaux pourraient avoir un rôle dans une répartition intelligente des patients vers les centres hospitaliers spécialisés (CHS). En France, 20 millions de personnes se trouvent dans des déserts médicaux ! »
L’acquisition d’un tel équipement a été étudiée pour entrer dans la réalité économique d’un établissement. « Il en est de 150 000 euros pour l’ensemble. » Accessible donc !
Capucine Beauchamp

PISCICULTURE HENNEQUART, UN CAVIAR D’EXCEPTION

Vincent Hennequart, dirigeant de la pisciculture Hennequart, le confirme : « Le caviar français est très bien noté et la réputation du caviar de Sologne bien établie. Des chefs étoilés en subliment la saveur, et notre produit, commercialisé sous la marque Caviar de Sologne, se vend dans le monde entier grâce à la boutique La Maison nordique, à Paris. » La pisciculture de Saint-Viâtre sélectionne ses reproducteurs, élève et fait grandir ce poisson « sans stress ». Par nature, le caviar se fait attendre : sept ans minimum et jusqu’à douze ans avant d’offrir ces précieux grains si prisés à la dégustation. On découvre tout d’abord sa couleur claire ou sombre, sa texture variable selon l’espèce (l’osciètre ou le baeri)… Comment l’apprécier au mieux ? « Préparer la bouche avant avec une petite gorgée de vodka. Faire rouler le caviar sur la langue pour qu’il exprime toute sa saveur. Prendre le temps de la dégustation. » Une expérience à vivre !
Capucine Beauchamp
caviardesologne.fr

Le caviar de Sologne, prisé des plus grandes tables. ©CD41/C. CHIGOT

Nouveauté : un espace boutique
Dernière évolution au sein de la pisciculture Hennequart : la création, il y a trois ans, d’une boutique pour l’accueil des visiteurs. Cet espace permet de leur faire découvrir la passion de l’élevage d’esturgeon, commune à Vincent et Patricia Hennequart, ainsi que l’environnement dans lequel est produit leur caviar. Outre les grains précieux, sont disponibles également de la chair de poissons fumés (carpe, anguille, esturgeon), ainsi qu’une terrine d’esturgeon et du tarama au caviar. De la vodka – Faronville et Calmont produites en Beauce et en Charente – est aussi proposée. C’est le breuvage incontournable pour déguster le caviar ! À l’accueil s’ajoute un cadre très agréable fait de bois au naturel, en rappel à la nature sauvage de la Sologne.

Une épopée familiale
En 1968, Jean Hennequart crée la pisciculture familiale alors tournée vers la production de poissons d’eau douce. Progressivement, l’idée d’introduire une nouvelle espèce s’impose avec l’esturgeon. En 1992, une première récolte confirme l’intention et, à partir de 1998/1999, la pisciculture se concentre sur l’élevage d’esturgeons et la production de caviar avec ses enfants, Vincent et Patricia.

Un élevage sur un temps long
Deux espèces, le baërii et, depuis 2009, l’osciètre, sont élevées sur le site disposant d’une écloserie. Jusqu’à l’âge d’un an, les jeunes esturgeons seront élevés en milieu protégé des prédateurs. « L’esturgeon ne se stresse jamais et peut être ainsi une proie facile. Ce n’est qu’à partir d’une certaine taille qu’il passe ensuite dans des espaces d’eau semblables au milieu naturel. » À l’âge de trois ans, ces poissons feront l’objet d’un examen échographique afin de déterminer leur sexe. Seules les femelles seront conservées. Elles poursuivront leur croissance jusqu’à leur maturité sexuelle, pendant cinq ans pour les plus précoces, mais aussi parfois pendant huit ans. « D’où des retours sur expérience très lents en matière d’élevage », précise Vincent Hennequart.

S’autoriser un plaisir
La période de récolte s’étend de septembre à mai. Plusieurs étapes de manipulation des œufs (lavage, tri, salaison, conditionnement) interviennent avant la mise en boîte du caviar. Le pisciculteur conseille de le consommer dans les trois mois, de manière à en apprécier les saveurs. Interrogé sur le profil type du consommateur, il répond. « Il a de 7 à 77 ans, et même au-delà. J’ai vu de jeunes enfants essayer d’attraper jusqu’au dernier grain. Le caviar n’est plus réservé à une élite. Il s’est beaucoup démocratisé. Les amateurs veulent vivre une expérience. Cette curiosité s’est développée en France au même titre que les plaisirs de la gastronomie. » Capucine Beauchamp

CENTRALE NUCLÉAIRE : ÉNERGIE DÉCARBONÉE

Stéphane Lelong, directeur de la centrale nucléaire. ©CD41/C. ANANIGUIAN

Les deux réacteurs de la centrale nucléaire de Saint-Laurent-Nouan fournissent en toute sûreté une électricité décarbonée depuis plus de quarante ans. Chaque année, la production de ce site industriel emblématique du Loir-et-Cher fournit en moyenne entre 3 et 4 % des besoins en électricité de la France, tout en contribuant au développement économique du territoire. Depuis septembre 2024, Stéphane Lelong, 48 ans, dirige ce site. Il était précédemment directeur délégué, chargé de la, maintenance, à la centrale nucléaire de Chinon (37). Sa mission est de poursuivre le programme industriel avec, notamment, la visite décennale de l’unité de production n° 1 dès le 1er février 2025. Celle-ci permettra de prolonger l’activité de la centrale jusqu’en 2035, après l’accord de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Pour atteindre ces défis industriels, la centrale continue de recruter ; de nombreux profils de postes sont ainsi mis en ligne sur sa plateforme. Samedi 8 février, elle organisera son 2e « job dating » à la salle des fêtes de la commune.
Jean-Luc Vezon
edf.fr/centrale-nucleaire-saint-laurent-des-eaux

LUXBAG, ÉTUIS DE LUXE

C’est une entreprise discrète à Monthou-sur-Cher. Pourtant, derrière ses murs se cache un atelier qui fournit en protections semi-rigides pour instruments de musique de prestigieuses manufactures comme Buffet Crampon, Marigaux ou Lorée. Arrivé dans l’entreprise en 2009, au moment où elle frôlait la liquidation judiciaire, son dirigeant, Patrice Pivron, a tiré partie du savoir-faire artisanal de l’atelier pour lui donner un nouveau souffle. Outre la fabrication, il a parié sur la création d’étuis sur mesure à la demande des clients, en observant les produits existants et leurs points faibles ou en ciblant des instruments plus rares comme la vielle à roue. En 2024, toute une nouvelle gamme d’étuis écoconçus avec de la toile de lin déperlante est commercialisée (elle remplace la fibre synthétique). En quinze ans, Luxbag a su retrouver ses lettres de noblesse et redevenir une référence, au point de fournir également une entreprise tourangelle en étuis pour instruments médicaux de pointe destinés au marché japonais.
Alice Enaudeau
luxbagmcf.com

Luxbag, des étuis de référence. ©CD41/C. ANANIGUIAN

Innovation et haut de gamme : les clés de la renaissance de Luxbag

Alors qu’elle a bien failli fermer ses portes en 2005, l’entreprise d’étuis pour instruments de musique Luxbag, à Monthou-sur-Cher, est de nouveau en pleine ascension. À son bord depuis 2009, Patrice Pivron s’est appuyé sur le savoir-faire originel pour innover et relancer l’activité.

Née en 1962, La Gainerie tourangelle aurait bien pu ne jamais se relever de la grave crise vécue dans les années 1990. L’entreprise avait pourtant compté jusqu’à une centaine de salariés sur deux sites à Monthou-sur-Cher, l’un pour le négoce, l’autre pour la fabrication d’étuis pour instruments de musique à vent pour de prestigieuses marques comme Marigaux, Lorée ou Buffet Crampon. Mais l’arrivée de produits asiatiques bon marché et une transmission familiale compliquée la mènent à la liquidation judiciaire en 2005. Un entrepreneur la reprend alors, la rebaptise Luxbag-MCF et recrute un gérant en 2009 pour mener la barque.

Miser sur le savoir-faire artisanal
« Je me suis tout de suite rendu compte du potentiel qu’il y avait dans l’atelier », se souvient Patrice Pivron, qui a lui-même repris Luxbag fin 2016. En 2009, bien qu’il ne reste plus que deux salariés à l’atelier, tous les étuis et protections continuent à être entièrement conçus à la main. « La solution, c’était d’innover en s’appuyant sur ce formidable savoir-faire. » Le nouveau gérant abandonne le négoce et mise tout sur la fabrication maison.
Pour aller au-devant de sa cible, il parcourt les salons spécialisés à la rencontre des musiciens, luthiers et facteurs d’instruments. C’est ainsi qu’il s’ouvre le marché des étuis pour vielle à roue. Une niche où tout est à faire en collaboration avec les premiers concernés, musiciens et fabricants. Par la suite, en discutant avec un saxophoniste, il lance l’étui modulable où ranger plusieurs saxophones et accessoires. Lequel sera décliné pour d’autres instruments. Puis ce sera un baudrier pour saxophone et des bretelles amovibles pour les étuis. « Ce qui me plaît, souligne Patrice Pivron, c’est l’ingéniosité : comment créer, ajouter, adapter… Nous sommes désormais reconnus pour notre capacité à concevoir sur-mesure et le fait d’élaborer des prototypes nous amène à améliorer sans cesse nos propres produits. »

Éco-conception
Confronté à l’augmentation du coût des matières premières dans les années 2015/2016, Patrice Pivron entame une réflexion de fond sur les matériaux utilisés et leur origine. « Par conviction et utopie », il s’oriente vers des matériaux éco-conçus, en l’occurrence le lin, solide, esthétique et cultivé en France. Qu’importe si les grandes marques rechignent à remplacer leurs traditionnels cuir et PVC, le dirigeant convaincu sort une première gamme d’étuis souples en toile de lin en 2018 sous la marque Luxbag. Lesquels remportent rapidement un beau succès dans de grandes enseignes scandinaves au Danemark, en Suède et en Norvège.
En 2024, la toile de lin est étendue à l’ensemble de la gamme distribuée sous la marque maison.

Intégrer un bureau d’études
Si Patrice Pivron ne manque pas d’idées, il sait aussi qu’à plusieurs, on avance mieux et plus vite. En 2024, il s’adjoint les services du bureau d’études voisin, L’Atelier les 2 S, désormais entièrement intégré au process Luxbag. Preuves en sont les deux innovations abouties cette année : d’abord, la très élégante housse d’étui/sac à main pour flûte traversière entièrement conçue en interne. Un produit qui ouvre de belles perspectives à l’entreprise puisqu’il a été adopté par le distributeur Dôme France qui ne commercialisait jusqu’alors que les petits accessoires ErgoStrap et Andy. « Cet étui sac à main marque le début d’une belle aventure avec Dôme », assure Patrice Pivron, fier du travail réalisé par l’ensemble de l’équipe qui compte désormais trois salariés, Violaine, Coralie et Christophe.
Ensuite, l’étui en aluminium qui, faute de temps en 2024, sera commercialisé en 2025 sous la marque Plum’Case. « Les étuis de guitare sont très lourds, remarque Patrice Pivron, guitariste amateur. L’alu a l’avantage d’être très léger et il peut être teinté. » Ce projet sera « 100 % local » se félicite-t-il : bureau d’études à Monthou-sur-Cher, pliage alu à Montrichard-Val de Cher, fabrication des profilés et capitonnage maison également (Montrichard-Val de Cher – Bourré).
Luxbag ou la démonstration par l’exemple que non, l’artisanat n’est pas mort. Pour autant, Patrice Pivron reste prudent : « 2024 est l’année où les graines semées depuis plusieurs années ont vraiment germé. Mais il faut rester vigilant et être extrêmement humble », conclut-il. Alice Enaudeau

LE PRIEURÉ MISE SUR L’INNOVATION

Le Prieuré a équipé le nouveau site chausséen d’Idec. ©CD41/C. ANANIGUIAN

Concepteur de toits et murs végétalisés, Le Prieuré poursuit son développement en misant sur l’innovation. Cet été, ses solutions ont notamment équipé quatorze bâtiments (6 500 m2) du village olympique. Créée à Moisy par Raphaël Lamé, la PME a appuyé sa marche en avant sur plusieurs brevets, dont la toiture hydroactive de gestion des eaux pluviales et hydro-bio-solaire, couplant végétalisation, gestion de la pluie et panneaux solaires. Ses solutions nouvelles, outils d’aménagement pour architectes et paysagistes, ont par exemple été choisies par le nouveau site Idec à La Chaussée-Saint-Victor, le centre hospitalier universitaire de Nantes, des collèges, etc. « Le marché du rafraîchissement urbain est porteur. Nos solutions pour une ville durable remettent de la biodiversité dans les villes », dit Jean-Christophe Grimard, directeur recherche et développement. Pour concevoir et valider des systèmes de plus en plus complexes, l’entreprise a noué des partenariats avec des écoles d’ingénieurs et des centres de recherche.
Jean-Luc Vezon
leprieure1840.com

AXE SYSTEMS : MATÉRIEL DE POINTE

Savez-vous que le meilleur appareil de biopsie au monde, utilisé pour le dépistage du cancer du sein, est fabriqué à Romorantin ? Vendu partout sur la planète, il est fabriqué de A à Z chez Axe Systems. « Nous sommes les seuls au monde à le produire et nous en faisons 250 par an », précise Jacques Neveu, directeur général d’Axe Group, la holding détenant Axe Systems. Accessoire de l’appareil de mammographie fabriqué par General Electric, ce positionneur de biopsie, développé par Axe Systems, indique précisément au chirurgien l’endroit où pratiquer une biopsie sans l’entraver dans son geste. L’entreprise, filiale du groupe dont le siège social est à Lisieux (Calvados), fabrique principalement des équipements médicaux de pointe. Elle regroupe de nombreux métiers : recherche et développement, gestion de projet, tôlerie, usinage, intégration de systèmes, robotique et mécatronique. Forte de ce succès, Axe Systems engage actuellement un vaste plan d’investissement matériel afin de conforter son avance sur la concurrence.
Julie Bind
axegroup.fr/filiales/axe-systems

Axe Systems fabrique du matériel médical de pointe. ©CD41/C. ANANIGUIAN

Dans l’axe de l’innovation

Des caméras Beaulieu au meilleur appareil de biopsie du monde, retour sur l’éclosion et le développement d’un groupe innovant.

Chez Axe Systems, où que se porte le regard, tout n’est que machines robotisées, parties de machines robotisées, pièces pour machines robotisées.
Ici, une sorte de caisson qui prend des radios en trois dimensions du corps entier afin de fabriquer des prothèses. Créée par Georges Charpak, prix Nobel de physique en 1992, cette machine délivre des doses de rayons X dix fois moins importantes qu’un dispositif classique. Fabriquée depuis dix ans par Axe Systems, elle équipe entre 500 et 600 hôpitaux dans le monde, dont la moitié aux États-Unis.
Là, l’appareil de biopsie vendu partout sur la planète qu’Axe Systems est la seule entreprise à produire.
Plus loin, un équipement détecteur pour pose de stents1 en chirurgie cardiaque (six cents sont produits par an depuis vingt ans), et là-bas, des éléments de machine pour les analyses de sang…

Tout a commencé à la fermeture de l’usine Beaulieu
Beaulieu était une société spécialisée dans la fabrication de caméras légères, née au mitan du XXe siècle, dont l’usine se trouvait à Romorantin. En 1982, quand l’usine ferme, d’anciens salariés montent un bureau d’études qu’ils appellent 2ME. Ils créent un lecteur de ticket de transport pour les bus, puis pour les métros et pour l’autoroute, suivi par des distributeurs de tickets pour les péages. Quand tout passe au « sans contact » (type pass Navigo dans les transports franciliens), cette mécanique s’épuise. Nous sommes au début des années 1990, ce sont les premiers pas du dépistage du cancer du sein : 2ME crée alors une première machine pour aider au positionnement de l’aiguille de biopsie du chirurgien.
Parallèlement, en 1989, l’entreprise Axe est créée afin de répondre aux grands besoins de tôlerie fine à l’arrivée de la téléphonie mobile. Elle s’installe à Lisieux en 1992 et rachète 2ME à Romorantin en 2000, ce qui donne naissance à Axe Systems, le pôle robotique et intégration du groupe.
Une usine est créée en Roumanie en 2003. Le groupe croît et, ses besoins en pièces d’usine augmentant, il rachète une entreprise à Besançon pour pallier cette pénurie.
En 2016, le groupe Axe investit en ouvrant un atelier de peinture à Lisieux pour peindre la tôlerie.
Les deux années suivantes voient le développement du positionneur de biopsie initialement imaginé par 2ME. Cet accessoire du mammographe de General Electric n’est plus manuel mais motorisé, il aura demandé 8 % du chiffre d’affaires en recherche et développement. C’est un succès, il devient « le meilleur appareil de biopsie au monde », se félicite Jacques Neveu, directeur général de Axe Group. « Avec 95 % de notre chiffre d’affaires dans le médical, nous sommes sous-traitants de grands groupes tels que Schneider ou General Electric Medical, mais aussi de petits comme AdEchoTech » (spécialiste de la télé-échographie installé à Naveil, voir en page 18 du magazine).

Un énorme plan d’investissement
Depuis 2019, de gros investissements sont faits afin de rattraper un petit retard sur la technologie en tôlerie. Il s’agissait de passer à l’automatisation des machines, en France comme en Roumanie. « Les grandes séries, en Europe, c’est fini. C’est l’Asie qui en produit. Nous, en Europe, c’est High mix, low volume. On perdait trop de temps à régler les machines pour passer d’une série à une autre ». Le réglage est automatisé en tôlerie, puis en découpe. « Là où il nous fallait, en pliage, quarante à cinquante minutes pour passer d’une série à une autre, il nous faut maintenant une minute. »
L’entreprise de Romorantin a bénéficié, en 2020, d’un plan de relance régional afin de devenir moins dépendante de General Electric medical, qui représentait 75 % du chiffre d’affaires. « Nous avons agrandi nos locaux et nous avons pu nous doter de moyens pour trouver d’autres clients avec notre centre d’innovation et de développement, proposer des choses nouvelles. » De fait, le groupe travaille aujourd’hui avec des universités, des start-up, des TPE, des PME… « Nous sommes maintenant à un âge moyen de notre parc machines trop élevé, explique Jacques Neveu. Nous lançons un énorme plan d’investissement de 4 millions d’euros dans l’usinage pour être dans le coup, voire passer devant les autres. En plus, des machines neuves peuvent attirer des talents ». Julie Bind

1 – Petit ressort en métal de quelques millimètres de diamètre et d’un ou plusieurs centimètres de long. Ce dispositif médical, utilisé en cardiologie et chirurgie vasculaire, permet de maintenir une artère ouverte, telle une armature.

GROUPE LE TRIANGLE : EN PLEINE EXPANSION

L’entreprise Le Triangle, reine du photovoltaïque.
©CD41/C. ANANIGUIAN

Spécialiste du photovoltaïque, le groupe Le Triangle poursuit son expansion avec une croissance à deux chiffres, portée par le développement des énergies renouvelables. Fabricant métallique et constructeur de solutions photovoltaïques, le groupe, créé et présidé par Gilles Deshayes, est présent sur toute la chaîne de valeur. D’abord positionné sur le secteur des bâtiments agricoles permettant la production d’électricité revendue à EDF, il se tourne vers plusieurs autres marchés : celui des ombrières solaires pour la grande distribution et l’industrie et, depuis deux ans, le résidentiel avec des kits photovoltaïques au sol et en toiture. Ancré à Morée, où il agrandit ses sites de production avec 20 000 m2 supplémentaires à l’horizon 2025-2026, le groupe conduit une politique de ressources humaines ambitieuse. Il envisage 200 recrutements par an et valorise également la montée en compétences de ses 900 collaborateurs. Cette dernière s’accompagne d’une digitalisation et d’une robotisation des procédés industriels (intelligence artificielle, notamment). Le Triangle projette un milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2030, sur un marché qui devrait être multiplié par dix.
Jean-Luc Vezon
le-triangle.fr

CINABRE, MAISON CHIC

Depuis 2017, les cravates et noeuds papillon Cinabre voyagent dans le monde entier grâce à des ambassadeurs de renom comme le président de la République ou Pharrell Williams. Créée par Alexandre Chapellier, entrepreneur franco-suédois aux attaches loir-et-chériennes, cette maison artisanale connaît un beau succès en Europe et aux États-Unis. « Ce pays reste notre marché le plus important », dit-il. Ces produits « made in France » se vendent aussi à Tokyo, Sydney ou Hong Kong. Depuis peu, l’atelier situé à Fontaine-Raoul, où sont confectionnés cravates et noeuds papillon, réalise des accessoires art de vivre (coussins, porte-clefs ou trousses issus de chutes de tissu). Cinabre collabore aussi avec un atelier de Noyers-sur-Cher. « Nous souhaitons au maximum travailler avec des artisans du département. » La société réalise de nombreuses ventes en ligne et séduit notamment une clientèle étrangère dans sa boutique parisienne du IXe arrondissement, au-dessus de laquelle deux suites chic mettent en lumière l’élégance française. La maison de luxe, qui propose aussi des blazers, chemises et carrés de soie, « va continuer à se développer » et pourrait envisager de créer des suites hôtelières en Loir-et-Cher.
Anne Sarazin
cinabre-paris.com

Cravates et nœuds papillon siglés Cinabre. ©CD41/L. ALVAREZ

GOYER, UNE PME INNOVANTE

Goyer, leader dans le secteur de la façade sur mesure. ©CD41/C. ANANIGUIAN

Les tours « The Link », futur siège de TotalEnergies à Paris-La Défense, les campus Thales à Meudon et Engie à La Garenne-Colombes (92) ne sont que quelques-uns des nombreux chantiers auxquels la société Goyer participe. Leader incontesté de la conception, de la fabrication et de l’installation de façades sur mesure pour les bâtiments tertiaires, la PME a fait de Fougères-sur-Bièvre (Le Controis-en-Sologne) son siège depuis 1931. « Elle y emploie 300 de ses 450 collaborateurs », détaille David Labardin, directeur général. L’esprit entrepreneurial de la famille Goyer pendant trois générations a façonné l’entreprise d’aujourd’hui. De la menuiserie bois au métier de façadier démarré à l’orée des années 1990, la société (dans le giron d’Eiffage depuis 2005) ne cesse d’innover. « La façade restera le coeur de notre activité », en repensant son usage au-delà de l’esthétique pour lui assigner d’autres rôles : « Capter l’énergie, l’utiliser et contribuer à la qualité environnementale du bâtiment. »
Olivier Durand
goyer.fr

Goyer, un succès qui n’est pas de façade !

Lorsqu’en 1931 Henri Goyer installe un atelier de menuiserie dans les dépendances du château de Fougères-sur-Bièvre, cette année-là, de l’autre côté de l’Atlantique, à New York, l’Empire State Building est inauguré. Un clin d’œil pour l’entreprise Goyer, aujourd’hui filiale d’Eiffage, devenue leader de la conception, fabrication, installation de façades sur mesure pour les bâtiments tertiaires, dont certaines des tours les plus hautes des quartiers d’affaires de Paris ou de Lyon. Façadier est un métier essentiel du monde de la construction. Une façade n’est pas que l’enveloppe d’un bâtiment garantissant son contact avec l’extérieur, elle doit assurer aussi la pérennité des installations intérieures et, par son esthétique, lui confère sa personnalité. Comme pour le futur siège de TotalEnergies à Paris-La Défense, les tours « The Link », les campus de Thales à Meudon et d’Engie à La Garenne-Colombes (92).
Depuis quatre-vingt-dix ans, c’est à Fougères-sur-Bièvre que bat le cœur de l’entreprise, « où elle emploie 300 de ses 450 collaborateurs », précise David Labardin, son directeur général. Lorsqu’on se rend sur place, on constate à quel point l’histoire du village est indissociable de celle de l’entreprise qui ne cesse de s’y développer. La rue Henri-Goyer en témoigne autant que les milliers de mètres carrés déployés, sites de production, bureaux d’études, centre de formation, immeuble administratif, siège de part et d’autre de la rue principale de cette petite commune du Controis-en-Sologne. De la menuiserie bois à l’activité aluminium, en passant par le PVC, jusqu’au métier de façadier démarré à l’orée des années 1990, l’esprit entrepreneurial de trois générations d’une même famille a façonné l’entreprise.

Vingt-cinq chantiers par an en même temps
Aujourd’hui, le modeste atelier des débuts a bien grandi. La PME a généré 160 millions d’euros de chiffre d’affaires consolidé lors de son dernier exercice et gère environ 25 chantiers en même temps par an. « Un tiers est en phase de développement, un tiers en phase de fabrication, le dernier tiers en phase de livraison » et l’entreprise, qui, à ce jour, a réalisé 4 000 projets, pose pas moins de « 300 000 mètres carrés de façades tous les ans ».
Dans le giron d’Eiffage depuis 2005, la société Goyer est bien ancrée sur ses marchés historiques. Elle possède une filiale en Pologne « pour répondre aux besoins du marché local » et pense désormais à pousser ses pions au-delà de ses frontières, « en Suisse, Belgique ou Luxembourg, par le biais de rachat d’entreprises ou de nouveaux chantiers ».

Des constructions intelligentes
L’avenir de l’entreprise passera peut-être moins par la réalisation d’immeubles neufs que par la rénovation, l’extension du télétravail rendant des milliers de mètres carrés inutilisés : « Il y a des réserves importantes de tours à rénover ». La société peut aussi compter sur « les centaines d’immeubles dont elle a réalisé les façades et qui nécessitent une revalorisation. Pour nous, c’est l’occasion de mettre en œuvre une stratégie de diminution de l’empreinte carbone en valorisant les éléments issus de la déconstruction ».
Goyer, qui dispose d’un centre de recherche au Controis-en-Sologne, mise aussi sur l’innovation pour pérenniser son aventure. « La façade restera le cœur de notre activité, mais on réfléchit à celle d’après ». Au-delà de l’esthétique et de l’originalité du style architectural, il sera possible d’assigner d’autres rôles aux façades ; c’est l’ère du smart building (bâtiment intelligent) : « Capter l’énergie, l’utiliser pour rendre autonome le bâtiment et contribuer à sa qualité environnementale ». Pour des façades, belles, peu gourmandes en énergie et intelligentes. Olivier Durand

PHINIA MISE SUR L’HYDROGÈNE

Ex-Delphi puis BorgWarner, le site de l’équipementier blésois Phinia est spécialisé dans les systèmes d’injection de carburant diesel et essence. L’entreprise travaille aussi sur le moteur à hydrogène, alternative à l’électrique. Alors que l’Union européenne a annoncé la fin des voitures thermiques en 2035, Marc Landier, directeur du site, voit dans « le moteur à combustion interne une solution pour décarboner certains segments de la mobilité ». Les 380 ingénieurs et techniciens du centre d’ingénierie travaillent ainsi à la conception d’injecteurs pour moteur à hydrogène. Trois véhicules tests sillonnent d’ailleurs les routes pour prouver sa performance. « Beaucoup de constructeurs nous sollicitent pour des solutions hydrogène, une technologie verte adaptée aux transports routiers et urbains », dit Jean-Luc Beduneau, directeur de l’innovation et de l’excellence d’ingénierie. L’enjeu est d’importance pour le groupe, qui se prépare à une baisse de volume des véhicules légers diesel à partir de 2025 ; il compte trouver des relais de croissance dans l’hydrogène, mais aussi l’aéronautique, l’aftermarket1 et le remanufacturing2.
Jean-Luc Vezon
1 : Marché secondaire de l’automobile.
2 : Économie circulaire.

phinia.com

Marc Landier, directeur de Phinia. ©CD41/N. DERRÉ

BOURDON BAUMER RAYONNE

La technologie Bourdon est universelle. ©CD41/C. CHIGOT

Filiale depuis 2005 du groupe Suisse Baumer, spécialiste des capteurs, la société Bourdon est présente dans le paysage économique vendômois depuis de nombreuses décennies. Mondialement reconnue pour ses savoir-faire en matière d’instruments de mesure de pression et de température, elle naît au milieu du xxie siècle, lorsque l’ingénieur Eugène Bourdon invente et brevète le manomètre à tube de Bourdon1. Permettant de lire avec la plus haute précision la pression des fluides depuis un cadran, ce manomètre incarne l’esprit d’innovation de l’entreprise. Détenue par les héritiers d’Eugène Bourdon jusqu’en 1973, la PME déploie depuis 1964, en centre-ville, ses ateliers et bureaux d’études et, désormais, son siège depuis 1992. Ce site industriel ne cesse de développer des solutions pour répondre aux besoins de l’ensemble des industries. Partout dans le monde, depuis les plateformes pétrolières du Golfe persique, jusqu’à bord d’Airbus ou au coeur de centrales nucléaires, la technologie Bourdon fait rayonner le Loir-et-Cher bien au-delà de ses frontières.
Olivier Durand
1 – Le prototype du manomètre est visible au musée des Arts et Métiers, à Paris.
bourdon-instruments.com

Bourdon sans pression pour son avenir

À Vendôme, la société Bourdon est un fleuron de l’histoire industrielle de la ville depuis plusieurs décennies. Reconnue mondialement pour ses savoir-faire en matière d’instruments de mesure de pression et de température, sa naissance remonte au mitan du XIXe siècle, lorsque l’ingénieur Eugène Bourdon invente et brevète le manomètre à tube de Bourdon1. Parce qu’elle permet la lecture avec la plus haute précision de la pression des fluides depuis un cadran, la création incarne l’esprit d’innovation de l’entreprise qui, en 1964, installe à Vendôme ateliers et bureaux d’études, avant d’y transférer son siège parisien plus tardivement, en 1992. Aujourd’hui, Bourdon « est en mesure de répondre aux besoins de mesure de pression de l’ensemble des secteurs industriels, transports, industries du pétrole et du gaz, chimie, agroalimentaire, nucléaire… », détaille Stéphane Hennequin, directeur général.

« Un véritable partenariat industriel »
L’année 1973 a été un tournant dans l’histoire de l’entreprise, qui est alors cédée par les héritiers d’Eugène Bourdon à l’entreprise La Carboxyque. En 1988, c’est le groupe Legris (propriétaire des grues Potain) qui s’en porte acquéreur. De fil en aiguille, la PME appartiendra également au fonds de pension Suisse SGS avant de rejoindre, en 2005, le groupe Suisse Baumer, spécialiste des capteurs et des instruments de mesure, fort de 3 000 salariés répartis dans 19 pays dans le monde, qui siège à Frauenfeld, près de Zurich. C’est une étape essentielle pour l’entreprise vendômoise « au sein d’un groupe qui a construit avec nous un véritable partenariat industriel ». Les systèmes conçus à Vendôme, un temps commercialisés sous la bannière Baumer, le seront rapidement de nouveau sous leur nom historique, parce que « la marque Bourdon est partout synonyme de normes et de qualités particulièrement élevées ». Les 120 salariés de la PME, dont 55 % de femmes, « s’emploient quotidiennement à maintenir ce niveau d’exigence, forts de leur savoir-faire ».
Bourdon « est une entreprise de main d’œuvre ». Certaines phases d’assemblage « nécessitent des gestes particulièrement minutieux, que les machines ne sauraient réaliser ; l’acuité de l’œil, l’habileté de la main sont irremplaçables. Dans nos métiers, il n’y a pas d’écoles spécialisées, la transmission constante des compétences entre salariés constitue notre force. » Certaines manipulations ne sauraient être maîtrisées avant plusieurs années d’apprentissage, « les salariés sont fiers de leurs réalisations ». L’ancienneté, dix-sept ans en moyenne au sein de l’entreprise, semble en témoigner.

Un nouveau site
Afin de perpétuer son aventure industrielle et humaine, Bourdon devrait, d’ici à 2026, prendre de nouveaux quartiers – un nouveau site sur lequel planchent encore les architectes – près de la gare TGV de Vendôme-Villiers. L’usine actuelle, « une mosaïque de bâtiments juxtaposés construits au fil du développement de l’entreprise », est désormais peu à l’aise dans le centre de Vendôme. En attendant ce déménagement, partout dans le monde, depuis les plateformes pétrolières du Golfe persique, dans les airs à bord d’Airbus ou au cœur de centrales nucléaires, la technologie Bourdon continuera de faire rayonner un peu du Loir-et-Cher bien au-delà de ses frontières. Olivier Durand

1 – Le prototype du manomètre est visible au musée des Arts et Métiers à Paris.

GETINGE-LA CALHÈNE, LEADER HIGH-TECH

C’est à la faveur du rachat, en 2006, de la société La Calhène que le groupe suédois Getinge a posé ses valises en Vendômois. La Calhène, fondée en 1960 par deux chercheurs du CEA1, est spécialisée dans le transfert et la manipulation de matières radioactives grâce à des bras télémanipulateurs. « Tous deux ont mis au point un dispositif confiné destiné au transfert de matières radioactives », rappelle Michaël Raphaël, directeur du site. Ces systèmes, développés pour le retraitement de déchets et combustibles de la filière nucléaire, équipent notamment le site de La Hague (Manche), leader mondial dans le secteur des combustibles usés. Par ailleurs, Getinge développe et fabrique sur site la technologie DPTE System, destinée au secteur pharmaceutique. Ce procédé – sorte de sas high-tech garantissant l’asepsie totale – permet le transfert en milieu stérile de composants divers sur des lignes de production de médicaments ou de vaccins. Une innovation employée pour la fabrication de pas moins de « 40 % des vaccins pendant la crise sanitaire ».
Olivier Durand
1 – Commissariat à l’énergie atomique.
getinge.com

Getinge-La Calhène travaille pour le nucléaire et l’industrie pharmaceutique. ©CD41/L. ALVAREZ

Getinge, un leader high-tech à Vendôme

Le groupe suédois Getinge a posé ses valises en Vendômois en 2006, lors du rachat de la société La Calhène. Lorsque l’entreprise scandinave démarre ses activités en 1904 dans une petite ville côtière dont elle emprunte le nom, elle fabrique alors du matériel agricole avant d’opérer, en 1932, un virage vers le monde médical. Du chemin a été parcouru depuis. Aujourd’hui, les 12 000 collaborateurs de l’entreprise qui siège à Göteborg sont répartis dans 40 pays à travers le monde. Tous contribuent à faire de Getinge un leader mondial en matière de « solutions destinées aux soins intensifs, aux procédures cardiovasculaires, aux blocs opératoires, aux sciences du retraitement stérile, ainsi qu’aux sciences de la vie », précise Michaël Raphaël, directeur du site de Vendôme. Cette dernière branche représente 75 % de l’activité vendômoise, le solde résulte des métiers développés par La Calhène.

Des bras télémanipulateurs
La société La Calhène – fondée en 1960 à la Ville-aux-Clercs par deux chercheurs du CEA1 « qui ont mis au point un dispositif confiné destiné au transfert de matières radioactives » – est une spécialiste du transport et de la manipulation de matières irradiantes (grâce à des bras télémanipulateurs). Une gamme de conteneurs blindés, parfaitement confinés, « en conformité avec les régulations de l’IAEA » (International Atomic Energy Agency) autorisent, selon les modèles et les normes en vigueur, le déplacement à l’intérieur d’un site ou le transport sur route publique de produits fortement contaminants. Les bras télémanipulateurs manuels ou robotisés, assistés par ordinateur, permettent depuis un environnement sain d’exécuter des opérations sur des éléments contaminés ou situés dans une zone rendue inaccessible. Ces technologies de pointe, qui ont fait leurs preuves, sont utilisées dans des milieux extrêmes « notamment par les opérateurs de la centrale nucléaire de Fukushima au Japon et au sein du site de La Hague, dans le département de la Manche ». Ce complexe, en service depuis 1966, est très pointu dans le domaine du recyclage des matières radioactives provenant de réacteurs nucléaires français, mais aussi européens et japonais.

Transfert en milieu stérile
Par ailleurs, dédié au secteur pharmaceutique, Getinge développe et fabrique sur site la technologie baptisée DPTE System. Ce procédé, sorte de sas high-tech garantissant l’asepsie totale, autorise le transfert en milieu stérile des lignes de production de médicaments ou de vaccins, par exemple, de composants divers. Des équipements que le site vendômois est l’un des seuls au sein du groupe Getinge à concevoir, disposant de salles blanches assurant le plus haut niveau de stérilité pour les fabriquer.
Cette innovation a été employée pour la préparation de « 40 % des vaccins commercialisés pendant la crise sanitaire ». Le site Getinge de Vendôme, fort d’une croissance de 10 % par an en moyenne, a réalisé 90 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2023. L’enjeu, pour les années à venir, « consistera à réduire de manière sensible l’empreinte environnementale de nos produits, pour rendre plus que ce que l’on prend », ajoute Michaël Raphaël. Olivier Durand

1 – Commissariat à l’énergie atomique.

THALES, EN PLEINE CROISSANCE

Des compagnies aériennes internationales sont des clientes de Thales. ©THALES/W.REYTINAS

Le site vendômois de Thales assure la fabrication d’instruments de bord, de calculateurs et de produits de visualisation. En générant 65 % de la production française de l’activité « avionique de vol » du groupe, il est « le vaisseau amiral de cette activité », souligne Damien Lelièvre, directeur industriel. Un élément clé du cockpit, l’IESI (integrated electronic standby instrument) y est fabriqué, un concentré de technologie « obligatoire à bord de tous les aéronefs », qui permet la poursuite du vol en sécurité en continuant d’afficher les informations indispensables aux pilotes en cas de défaillance des instruments de bord. Thales Vendôme « livre 75 000 équipements par an dans le monde entier » auprès des compagnies aériennes et des avionneurs, dont Airbus (environ 50 % des commandes). La croissance d’activité sur le site est forte, 35 % en 2023, tirée notamment par le constructeur européen pour livrer les plus de 8 000 avions en commande. Mais le site de Vendôme « est capable de répondre à la demande ». Des recrutements sont en cours pour rejoindre les 600 salariés du site et accompagner l’accroissement de production.
Olivier Durand
careers.thalesgroup.com

Thales a la tête dans les nuages !

À Vendôme, Thales – qui assure la fabrication d’instruments de bord, de calculateurs et de produits de visualisation… – génère 65 % de la production française de l’activité « avionique de vol » du groupe, ce qui « en fait le vaisseau amiral de cette activité », souligne Damien Lelièvre, directeur industriel. Le site vendômois est le cœur de la production des horizons artificiels depuis trente ans : « Ils y sont fabriqués depuis 1993, avant que ne démarre, en 1999, la fabrication d’un élément-clé du cockpit : l’IESI ».
L’IESI (Integrated Electronic Standby Instrument) – ce concentré de technologie « obligatoire à bord de tous les aéronefs » en continuant d’afficher les informations indispensables aux pilotes en cas de défaillance des instruments de bord – permet la poursuite du vol en sécurité. Depuis, « pas moins de 30 000 avions et hélicoptères à travers le monde ont été équipés d’IESI Thales » et c’est désormais la troisième génération de ce système qui est produite à Vendôme, où sont réalisés conception, assemblage et test des équipements. Trois autres sites du groupe en France « sont aussi mobilisés pour produire des sous-ensembles de cet équipement : Châtellerault (Vienne), où sont menées la conception et la production de systèmes inertiels, Moirans (Isère), qui fournit l’afficheur LCD, et Valence (Drôme), d’où proviennent les capteurs de pression ».

Une responsabilité sociétale
Conscient de sa responsabilité sociétale, le groupe Thales s’est engagé « depuis plus de quinze ans dans une démarche forte en matière de protection environnementale ». L’entreprise a intégré l’indice climatique de la Bourse de Paris, le CAC SBT 1,5°1 en septembre 2023. Elle développe des solutions qui « améliorent à la fois l’efficacité opérationnelle de [ses] clients et limitent l’impact environnemental en optimisant, par exemple, les temps de vols, favorisant la réduction d’environ 10 % de la consommation de carburant des avions et la sécurisation des trajectoires ». Avec cette même volonté de limiter l’empreinte environnementale, Thales réorganise son outil industriel et ses procédés de fabrication. À Vendôme, « la rénovation des moyens de production nous permet désormais d’utiliser des gaz frigorigènes sensiblement moins impactants pour l’environnement ».

Forte croissance de l’activité
Depuis Vendôme, Thales « livre 75 000 équipements par an dans le monde entier » auprès des compagnies aériennes, pour le marché des pièces détachées et des avionneurs, dont Airbus qui représente environ 50 % des commandes. La croissance de l’activité du site industriel est forte – 35 % en 2023 – entraînée notamment par le constructeur européen qui est en flux tendu pour livrer les plus de 8 000 avions en commande.
Vendôme « est en capacité de répondre à la demande » et des recrutements sont en cours pour rejoindre les 600 salariés du site, dont 30 % d’ingénieurs, et accompagner l’accroissement de production. Thales est la deuxième entreprise préférée des étudiants ingénieurs en France2. Sur place, l’entreprise – qui « accompagne actuellement 30 alternants » – favorise l’intégration des nouveaux arrivants au sein de l’école des basiques. « Elle forme les collaborateurs aux spécificités de leurs nouveaux métiers et du monde de l’aéronautique » tout en ayant un œil sur les recrutements des prochaines années en ayant tissé des liens forts « avec le monde académique du département et de la Région Centre-val de Loire, l’INSA, les IUT, etc. ». Olivier Durand

1 – Cet indice de la bourse de Paris, créé en 2023, regroupera à terme 40 des plus grosses sociétés françaises en termes de capitalisation boursière, dont les objectifs de réduction d’émissions sont conformes avec ceux validés par l’Accord de Paris (c’est-à-dire limitation du réchauffement climatique en deçà de 2 degrés et, si possible, à 1,5 degré).
2 – Source Universum, cabinet d’études et de conseil spécialisé dans la marque employeur.

SISLEY INDUSTRIE, UN SECOND SITE

Déjà implanté à Blois, le groupe familial de cosmétiques de luxe construit un nouveau site de production à Vendôme (parc de l’Oratoire). « Cet outil industriel aura un double objectif : accompagner le développement du groupe dans le cadre de notre plan stratégique, qui envisage un doublement de nos productions d’ici à 2030, et assurer la continuité de la production », explique Jean-Luc Beauvois, directeur de Sisley Industrie. Ce site de 20 000 m2 fortement automatisé, dont le démarrage est prévu au second semestre 2026, fabriquera notamment les produits de la gamme capillaire Hair Rituel, ainsi que les neurocosmétiques de la jeune marque Neuraé. Exemplaire sur le plan de l’environnement (panneaux photovoltaïques, géothermie…), l’usine vendômoise vise la certification BREEAM1, standard international dans ce domaine. Représentant un investissement de 80 M€, le projet conforte l’ancrage en Loir-et-Cher du groupe présidé par Philippe d’Ornano en Loir-et-Cher et devrait permettre la création de plus de 200 emplois, s’ajoutant aux 230 du site blésois.
Jean-Luc Vezon
1 – Building Research Establishment Environmental Assessment Method.
sisley-paris.com

Fabrication de cosmétiques Sisley. ©SISLEY

SPARK CLEANTECH, HYDROGÈNE TURQUOISE EN SOLOGNE

Avec Spark, l’hydrogène décarboné sera produit de façon économique. ©CD41/C. CHIGOT

Une première mondiale française ! Avec l’inauguration de son démonstrateur industriel utilisant la plasmalyse, procédé unique breveté par Spark, la start-up française affiche une avancée colossale. En partenariat avec Evergaz et Sologne Agri Méthanisation, cette pionnière dans la production d’hydrogène et de carbone solide envisage de produire de l’hydrogène décarboné de façon économique grâce à une double valorisation du biométhane. Pour Spark, ce démonstrateur « est une vitrine technologique et une étape importante ». Une trentaine d’entreprises de l’industrie s’intéressent à ce projet de développement ou y sont impliquées, comme Evergaz. L’opérateur a fait le choix de Lamotte-Beuvron, ville pionnière dans la méthanisation, et ce n’est pas un hasard. « Un projet innovant doit parler aux acteurs locaux dans une vision de territoire. C’est une rencontre ! » affirme le maire, Pascal Bioulac, précurseur dans le traitement des biodéchets, « et une opportunité essentielle pour notre région, désireuse de se positionner en acteur clé dans la filière hydrogène ».
Capucine Beauchamp
spark-cleantech.eulamotte-beuvron.fr

Pour en savoir plus…

Lamotte-Beuvron soutient le projet de méthaniseur dans une vision régionale élargie
« C’est un message d’espoir, de développement d’une économie circulaire complètement vertueuse qui montre que l’on peut encore développer de l’économie en milieu rural. Et que tous nos déchets collectés peuvent être “usés jusqu’à la corde”, si vous me permettez cette image », déclare Pascal Bioulac, maire de Lamotte-Beuvron et vice-président du conseil départemental. « Le méthaniseur de Lamotte-Beuvron est le premier à produire du biogaz depuis 2020 et peut-être le seul en France à pouvoir traiter des déchets de différentes origines. »

Parmi les 31 unités productrices de biogaz gérées en Europe – dont 16 en France –, le site loir-et-chérien est « reconnu pour sa production de biométhane issue d’intrants agricoles, du tri des déchets agroalimentaires et du recyclage des boues de station d’épuration », précise Frédéric Flipo, cofondateur et directeur général délégué d’Evergaz. « Je connaissais la sensibilité du maire de la ville et sa volonté de faire émerger une station à hydrogène locale pour la transformation de véhicules lourds au profit de la mobilité verte. Ce projet fait écho à son dynamisme et à son ouverture d’esprit. »

Site collectif pionnier de la filière méthanisation, Sologne Agri Méthanisation réunit différents acteurs locaux impliqués dès la première heure. Neuf exploitations agricoles, un centre équestre, le parc équestre de la Fédération française d’équitation (FFE) et la ville de Lamotte-Beuvron.

Une double valorisation très importante économiquement
Cette valorisation complète du biométhane avec, d’une part, la production d’hydrogène turquoise et, de l’autre, la captation sous forme solide du carbone contenu dans le gaz et valorisé via les secteurs de l’industrie (pour la fabrication de pneus, batteries, matériaux pour le bâtiment…), n’est pas anodine. « Cette double valorisation permettra de vendre de l’hydrogène à parité avec le gaz naturel », souligne Patrick Peters, cofondateur et codirigeant de Spark Cleantech. « Elle joue un rôle économique par conséquent très important dans la proposition d’un hydrogène compétitif avec les énergies fossiles. »

La plasmalyse, qu’est-ce donc ?
Cette technologie utilise des impulsions électriques extrêmement courtes (des micro-ondes) pour casser les molécules de méthane afin d’en extraire un hydrogène turquoise sans aucun rejet de CO2. « Avec, par conséquent, une consommation électrique faible, contrairement aux autres méthodes de production très polluantes ou nécessitant une très forte consommation électrique », explique Patrick Peters. Autre atout du procédé, la captation sous forme solide du carbone contenu dans le méthane.
Capucine Beauchamp

NEURO FRANCE IMPLANTS : RÉPARER LES CORPS

Chez Neuro France Implants, « nous fabriquons de la quincaillerie pour le corps humain » déclare avec humour Karin Wörner, cofondatrice avec Patrice Moreau de l’entreprise en 1997. Elle évoque ce métier qui consiste à élaborer avec la plus fine précision, parfois en co-création durant des années avec des médecins ou des hôpitaux, des systèmes pour la chirurgie du rachis et du thorax « conçus pour demeurer définitivement dans le corps ».
En alliage de titane ou en polymère, prothèses, vis, crochets, systèmes de liaison et de connexion aideront à soulager les pathologies de la colonne vertébrale (scolioses, tumeurs, instabilités, hernies, névralgies) et permettront de reconstruire la cage thoracique, « la structure osseuse qui protège le coeur et les poumons ». Des techniques pointues utilisées par les chirurgiens du monde entier (Moyen-Orient, Canada…), là où il y a des corps à réparer, « pour supprimer les douleurs, les blocages et permettre de recouvrer une vie normale ».
Olivier Durand
neuro-france.net

Neuro France Implants, spécialiste de la colone vertébrale. ©CD41/L. ALVAREZ

Neuro France Implants innove pour réparer les corps

Le fait que « Alain Delon se soit marié à La Ville-aux-Clercs [en 1964] », comme le rappelle d’emblée, sourire aux lèvres, Karin Wörner, co-fondatrice de Neuro France Implants, n’est en rien la cause de l’installation de son entreprise fondée en 1997 aux côtés de Patrice Moreau. (La société était initialement basée à Boursay, NDLR.) Toujours avec un brin d’humour, avec un très léger accent allemand, du land du Bade-Wurtemberg précisément, Karin Wörner ajoute : « Chez Neuro France Implants, nous concevons de la quincaillerie pour le corps humain ». Du second degré pour évoquer un métier bien sérieux au service de la réparation des corps. L’entreprise élabore avec la plus fine précision, pendant des années – parfois dans le cadre « de collaboration clinique » avec des chirurgiens – des systèmes « qui demeureront définitivement dans le corps », utilisés en chirurgie du rachis (colonne vertébrale) ou du thorax « pour des pathologies particulières ».

Côté direction, Karin Wörner assure l’administration, le développement commercial (dont l’export), Patrice Moreau prend en charge le développement des produits.
Conçus en alliage de titane « pour son élasticité, sa légèreté et sa résistance », utilisés par les chirurgiens orthopédistes ou les neurochirurgiens, vis, crochets, systèmes de liaison et de connexion « constituent une sorte d’échafaudage qui pourra être directement vissé ou ancré dans l’os ». Pour soulager les pathologies de la colonne vertébrale, scoliose, tumeurs, instabilités, hernies, névralgies, maladies dégénératives du rachis.
Quant à la chirurgie thoracique, « elle peut avoir recours à nos implants, plaques et agrafes sternales, agrafes costales avec et sans barres thoraciques, pour la reconstruction de la cage thoracique (la structure osseuse qui protège le cœur et les poumons), en cas de traumatisme ou de tumeur ».

Des dispositifs utilisés dans le monde entier
Neuro France Implants accompagne l’évolution des techniques opératoires. En salle d’opération, « le chirurgien doit pouvoir utiliser des implants conçus pour une chirurgie qui sera la moins invasive possible ». Les différents dispositifs pour le rachis et le thorax « répondent à 95 % des cas rencontrés » et sont utilisés par des chirurgiens du monde entier, qui emploient aussi les outils de pose conçus par Neuro France Implants.
La PME d’une vingtaine de salariés exporte 60 % de sa production – Europe, Asie, Amérique du Sud et centrale, Afrique, Moyen Orient –, un développement tous azimuts soumis aux vicissitudes de la géopolitique : « Des marchés se ferment ».

Une société indépendante
L’entreprise dispose à ce jour d’une vingtaine de brevets. Elle fait partie des rares sociétés indépendantes de son secteur qui conçoit, fabrique et commercialise ses produits.
La tendance, aujourd’hui, « est de s’adosser ou de rejoindre des grands groupes ». Dans ce domaine, les freins au développement sont nombreux. « Il y a quelques années, le délai entre le début de la conception d’un produit et la mise sur le marché excédait rarement une année, désormais il faut compter trois à quatre ans ». En cause, le millefeuille « des contraintes documentaires » qui ne cesse de s’épaissir. La réglementation « se complexifie ; elle a généré ces dernières années une augmentation de 87 % du coût de la certification, dont le délai d’obtention se situe entre treize et dix-huit mois ». Sans compter le renchérissement du prix des matières premières et de l’énergie. Dans ce contexte, pour tirer son épingle du jeu, la diversification est un précieux allié : « Nous sommes devenus aussi sous-traitants de dispositifs médicaux pour le compte d’autres fabricants ».
Neuro France Implants, une entreprise spécialisée dans la mécanique de très haute précision au service de la santé. Olivier Durand

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