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Socio-esthéticienne

5 octobre 2026
Temps de lecture : 3 minutes

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Socio-esthéticienne

La socio-esthétique, un outil pour le mieux-être

Monitrice-éducatrice pendant dix ans, Mélanie Pinto est devenue socio-esthéticienne après une reconversion professionnelle. Une bifurcation plus qu’un virage, étant donné les vertus de la socio-esthétique pour les publics en souffrance ou en mal-être.

C’est une forme de craquage professionnel qui a mené Mélanie Pinto vers la socio-esthétique. Après dix années de travail social auprès de différents publics et un arrêt de travail de plusieurs mois, Mélanie est convaincue de la nécessité de se réorienter professionnellement. L’idée de la socio-esthétique lui est soufflée pendant son bilan de compétences. « J’aime prendre soin de moi, j’avais d’ailleurs fait un stage d’observation en institut de beauté en classe de troisième, mais je n’avais jamais entendu parler de ce métier. »

Soigner les personnes « cabossées par la vie »

Pourtant, la socio-esthétique n’est pas nouvelle. Au CHRU de Tours où Mélanie s’est formée pendant six mois après l’obtention de son CAP esthétique, l’association CODES dispense la formation depuis quarante-cinq ans. Connue en oncologie pour améliorer le confort et l’image notamment des femmes atteintes d’un cancer du sein, la socio-esthétique est utilisée dans nombre de secteurs socio-médicaux. « Contrairement à l’esthétique traditionnelle qui s’occupe de corps et d’esprits sains, la socio-esthétique se tourne vers les personnes cabossées par la vie, par le vieillissement ou la maladie », explique la pimpante jeune femme. « La discipline requiert une écoute active pour déceler les non-dits, le mal-être. Le fait de toucher le corps crée un lien et peut libérer la parole », note Mélanie qui inscrit sa pratique dans le cadre d’un accompagnement global pluridisciplinaire, qu’il soit médical ou social. Elle intervient ainsi en résidences pour personnes âgées, en Esat, auprès de personnes atteintes de maladies chroniques ou même auprès d’agriculteurs via la MSA lors d’ateliers collectifs. « La dynamique de groupe est très intéressante, il se passe quelque chose entre pairs aidants. Il s’agit de montrer qu’on peut prendre soin de soi sans que ça prenne forcément beaucoup de temps ni que ça coûte cher. »

Écouter, accompagner, orienter

Accompagner la souffrance par le toucher, redonner confiance en son image en favorisant le bien-être physique, sensoriel et émotionnel, favoriser la resocialisation en améliorant la confiance en soi et le rapport aux autres… Les objectifs sont multiples. « L’esthétique est un prétexte pour accéder à une personne en souffrance. J’arrive pour faire un soin précis mais c’est parfois tout autre chose qui se passe au fil de l’écoute et de l’observation de la personne. » Mélanie cite l’exemple de cette femme focalisée sur sa cicatrice post-opératoire après un cancer du sein. « Elle ne voyait plus que ça, si bien qu’elle ne voulait plus s’habiller. Alors je lui ai demandé de revêtir différents vêtements de sa garde-robe. Sa cicatrice ne se voyait pas. Ce travail à deux lui a permis d’en prendre conscience et de se regarder de nouveau dans un miroir. » Parfois, l’esthétique est clairement au cœur du réconfort. La praticienne conseille un type de maquillage pour souligner un élément du visage et désaxer le regard du défaut qui empêche de vivre.
« La socio-esthétique ne guérit pas, mais elle apporte du mieux-être, du réconfort. Là où l’esthétique traditionnelle suit un protocole précis, la socio-esthétique est basée sur l’échange, le relationnel, l’écoute. C’est vraiment un soin à part entière », analyse Mélanie Pinto qui intervient aussi à domicile avec ou sans accompagnement médico-social. Dans ce cas, le tarif est horaire (60 euros) pour rendre la discipline accessible à tous. « Même en-dehors de prescription médico-sociale, la notion d’écoute et de discussion est fondamentale. De toute façon, c’est en moi, je ne peux pas faire autrement ! »
Loin d’avoir changé de profession, Mélanie a finalement chargé son bagage d’un outil supplémentaire pour poursuivre ce métier qui la passionne : l’accompagnement social. Alice Enaudeau

Photos : CD 41/Laurent Alvarez

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