Le Magazine du Loir-et-Cher

Accueil / À la loupe / Confection de luxe

Confection de luxe

Noyers-sur-Cher
5 octobre 2026
Temps de lecture : 3 minutes

Partager l’article

Confection de luxe

ATF, trente ans de confection de luxe

L’Atelier Travail à Façon (ATF), fondé par Francine Archambeau à Noyers-sur-Cher en 1996, a fêté ses trente ans en septembre 2026. Trois décennies étroitement liées aux soubresauts de l’industrie du luxe, au cours desquelles ATF, grâce à la qualité de son travail, a su garder le cap. Francine Archambeau revient sur les grandes étapes de l’atelier.

La couture, une histoire de famille

« Je suis issue d’une famille de couturiers. Comme nous étions quatre enfants, ma mère travaillait comme couturière à domicile pour de grandes marques de prêt-à-porter comme Joseph. Mon frère est devenu modéliste patronier pour Chanel, Courrèges, Balenciaga. Quant à moi, enfant, j’essayais de faire de petites choses grâce aux conseils de ma mère. Dès l’instant où je suis entrée en CAP de couture et où j’ai mis le pied sur une machine à coudre, j’ai senti que j’étais à ma place, que je pouvais faire de belles choses.
En 1984, j’ai été embauchée à l’atelier de confection Gérard Pasquier à Saint-Aignan. Nous étions alors environ 200 à y travailler. »

1996 : création de l’atelier ATF

« J’ai quitté Gérard Pasquier en 1990 pour la naissance de mon fils. J’avais acquis une bonne expérience industrielle mais, depuis toujours, je voulais monter mon propre atelier, être autonome. C’est ce que j’ai fait en 1996 en créant ATF à Noyers-sur-Cher. J’ai tout de suite embauché trois salariées. Nous travaillions pour des clients comme Jacques Henry qui voulaient conserver la fabrication française. Les commandes étaient bonnes, nous pouvions confectionner jusqu’à 1 500 pièces par saison. Dans ces années-là, l’atelier a compté jusqu’à 8 personnes. »

2010 : les années de crise

« La délocalisation industrielle ne m’a pas épargnée. La disparition de Jacques Henry, mon client principal, m’a conduite à licencier toute mon équipe et je me suis retrouvée seule. Mais quand on est passionnée, on est tenace, alors j’ai continué. J’ai travaillé en sous-traitance pour des ateliers de la région et, depuis 2024, j’interviens comme formatrice-couturière dans des ateliers de grandes marques. Petit à petit, en me voyant travailler, un lien de confiance s’est créé avec les chefs d’entreprise, ce qui m’a ouvert les portes de maisons comme Dior, 13 Bonaparte, Céline, Comme des Garçons, Chanel… Le marché a repris et j’ai pu réembaucher du personnel. »

2026 : la reprise du made in France

« Après des difficultés rencontrées en 2025 liées à la crise de l’industrie du luxe, l’activité a redémarré sur les chapeaux de roue en janvier 2026. Les marques reviennent au fabriqué en France. Il y aura toujours des gens qui aimeront le beau, le bien-fait. La spécialité française, c’est le point main, la régularité des piqûres, la pose d’accessoires, le contrôle qualité… La longévité de l’atelier est aussi devenue un gage de confiance pour les marques et, à force de m’observer en tant que formatrice dans leurs ateliers, leurs représentants me demandent des conseils pour résoudre un problème, gagner en temps et en qualité.

Cette excellence française va de pair avec une exigence accrue des clients ces dernières années. Le contrôle qualité ou le respect des délais sont facteurs de stress, mais je suis toujours aussi passionnée : la progression du vêtement en train de se faire, l’odeur du tissu, la qualité du produit final… C’est très gratifiant de monter une pièce à la main de A à Z, du prototype jusqu’à la tête de série que l’on va ensuite décliner parfois en plusieurs centaines d’exemplaires. » Alice Enaudeau

Bon à savoir

La nouveauté : le label Refashion pour les particuliers
Depuis janvier 2026, l’atelier ATF est labellisé Refashion, l’éco-organisme agréé pour les vêtements, linges de maison et chaussures. Il s’agit d’encourager la réparation du textile via un bonus réparation accordé aux particuliers sur les retouches. Une idée de Thomas, le fils de Francine, qui a rejoint ATF pour développer la partie communication-marketing.

Partagez l’article

Continuez votre lecture

Lieu de vie

Lieu de vie

Non contente de gérer Le Rucher aux Plantes, ferme qu’elle a créée en 2021, Jeanne Hermant vient de se lancer un nouveau défi, avec son conjoint, Florian Rizo.

lire plus
Ferme familiale

Ferme familiale

Loumanore. Comme Lou-Anne, Mathilde et Éléonore. C’est ainsi que Pierre-Yves et Julie Campion ont baptisé la ferme qu’ils ont achetée en 2020, à Billy.

lire plus